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MessageSujet: Kyrie Eleison Sam 4 Fév - 16:35
- Kyriiiiiiiiie Eleiiiiiiiiiisooooon
Kyriiiiiiiiie Eleiiiiiiiiiisooooon
Christe Eleison.


Qu'est-ce que c'est chiiiiiant.

J'aime la messe. Je crois en Dieu, je crois en le prophète Jean, en tous les saints et tout ça.
Mais c'est fatiguant.

J'ai eu une soirée hier. Une soirée de malade. C'était en dehors de la Commune, un vieux squat pourrave avec des potes. On a bu, on a bu comme des trous. On m'a proposé de la pseudomorphine à un moment je crois, j'ai refusé. Juste une fête de malades, avec des gens qui hurlent, une meuf qui roule des pelles à un gars qui est pas son copain, et tout le toutim. J'aurai dû cuver. Dans ce genre de situation on cuve.
Mais non. J'ai oublié que aujourd'hui c'était dîner de famille. Oh là là... Ça va faire une heure qu'on alterne. Qu'on alterne entre les moments où on est assis à écouter le prêtre et la lecture de l'Apocalypse, et puis les moments où on est debout et qu'on doit chanter. J'ai envie de vomir. Je suis blanc comme un cul, les yeux remplis de cerne, et j'arrête pas de basculer lentement à droite ou à gauche, forçant mon frère Bertrand à me tirer le bras pour me remettre droit, et il n'hésite pas à me chuchoter fermement ans l'oreille.

- Tiens-toi droit. Tu nous fais honte !

C'est rare que toute la famille soit réunie. Toute je veux dire. Bertrand, capitaine de la FNF, est là, avec sa femme enceinte, qui me regarde bizarrement, et son fils de 3 ans, qui lui aussi me regarde peiné. Julie elle est là, avec son nouveau mari, mais elle est stérile et du coup elle n'a pas de progéniture (Son plus grand regret. Ne lui en parlez pas, sinon elle se met à chialer). Même Henry. Lui qui passe ses journées au Sénat, en commission, ou à faire la lèche au cabinet du Président ; Il est là. Grand. Beau. Fringant dans son super costume-cravate, les yeux fermés, à prier avec les cœurs grégoriens qui se tiennent au bout de l'église. Avec sa poule à côté, qui fait de même.

C'est l'eucharistie. On doit aller chacun de nous, les fidèles, devant un diacre ordonné qui nous met de l'eau bénite en forme de croix sur le visage. Moi Bertrand est obligé de rester dans mon dos, et de me donner des petits coups, parfois en m'attrapant le biceps, pour que je reste droit. Bertrand c'est l'amour-vache, le gars qui me file des claques quand je fais des conneries. Mais au moins c'est de l'amour, c'est déjà ça. Voilà au moins une qualité que je lui reconnais.

Après encore une dizaine de minutes de torture, je vois enfin la Lumière ! La lumière du dehors. Parce qu'on sort de l'église. Je me retrouve sur la chaussée devant, chaussée bien vide depuis que très peu de véhicules circulent dans les rues de la Défense, mais entretenue comparé au reste de la capitale. Dehors on entend des gens piailler, des oiseaux chanter, et tout le bordel. Je me fous une cigarette dans le bec que j'allume rapidement avec un briquet fabriqué dans une cartouche de fusil, et de la fumée s'échappe rapidement d'entre mes lèvres alors que je me détend. Mais toujours avec cette envie de vomir et ces yeux crevés.

- Eh. Fume pas. Ma femme est enceinte.
- Tu fais chier Bertrand...


Je reçois une claque derrière la tête. Je le fusille du regard, mais j'obtempère. Ma cigarette tombe au sol et je la piétine avec mon talon.

Henry est le dernier à sortir, avec sa poule au bras. Il nous regarde, le reste de sa famille, alors qu'il descend les marches de l'église.

- Alors. Vous venez tous chez moi pour le dîner ? Ma gouvernante a préparé un repas.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Sam 4 Fév - 17:09
L’Eglise, c’est ce qui unit les différentes classes. La religion, tout ça, ça ne dépend pas de la thune qu’on a ou de la profession de nos parents. Toute la commune, ou presque, prie. Mes parents, leur entourage, Henry et sa famille. La messe, c’est le seul moment où je n’ai pas à faire semblant. Du coup, j’aime bien. C’est reposant. Avant, je faisais tout pour éviter, préférant être un chien de rue plutôt qu’obéir à un Dieu qui m’avait fait naître dans cette famille de pouilleux. Mais maintenant, je crois que je comprends. Les pauvres, c’est ceux qui n’ont pas saisi leur chance. On a tous un truc dans lequel on peut être bon. Je suis bête comme mes pieds, j’arrive à peine à reconnaître mon prénom quand il est écrit, mais je suis jolie. Du coup, j’ai réussi. C’est aussi simple que ça.

J’écoute le prêtre, le fixant intensément des yeux comme si je voulais coucher avec lui. Parce que je réfléchis à chaque mot qu’il prononce. Parfois, je suis déconcentré par les frères d’Henry qui s’agite. Je leur envoie un regard en biais, mais ils ne le voient pas. Tant mieux. Je préfère rester le plus invisible possible. Comme ça, on ne s’adresse pas à moi. Je suis la pute du frère aîné, on me respecte un peu, ou du moins on fait mine de me respecter et on ose pas me parler si Henry n’a pas entamé la conversation. C’est pratique. Moins je parle, moins j’ai de chance de dire de connerie.

La messe touche à sa fin, tout le monde se lève sauf Henry et moi. On reste une poignée de secondes à prier. Lui, c’est sûrement pour faire bon genre, moi c’est parce que je veux que ça dure un peu plus. Je sais qu’Henry compte inviter tout le monde à manger, et qu’ils vont dire oui.

Finalement, on sort. Je suis au bras d’Henry, l’air fier, le dos bien droit. Je suis heureuse, mais j’ai quand même mon visage de garce jamais satisfaite. C’est grâce à lui que je vis ainsi, l’élite de la commune trouve que ça me donne un côté excitant. Du coup, je l’ai en permanence. On passe les portes pile au moment où le plus jeune frère se prend un taquet de Bernard. Ma main vient recouvrir mon petit rire. Ce genre de scène est monnaie courante, mais ça aussi, c’est indépendant de la classe sociale. J’étais la première à m’en prendre, gamin. Maintenant personne n’ose.

- Alors. Vous venez tous chez-moi pour le dîner ? Ma gouvernante a préparé un repas.

J’offre un sourire poli. J’ai faim. J’ai même une sacrée dalle, mais je dois montrer de la retenue pour pas faire sans-dents. La femme de Bernard n’a pas l’air enthousiaste, mais en même temps elle doit être crevée. Elle a les traits tirés et son ventre semble la déséquilibrer vers l’avant, du coup elle se tient en arrière pour compenser. La pauvre. Je suis contente qu’Henry veuille des enfants plus tard. J’en pense qu’il va bientôt être trop tard, mais je ne dis rien, parce que j’en veux pas non plus. Les autres acquissent et du coup, on se met en marche. Je suis toujours suspendu au bras d’Henry, comme si je ne pouvais pas marcher ou même respirer sans lui. D’ailleurs, ce dernier ralenti pour arriver au niveau de Lucas, le plus jeune. La conversation entre les deux n’est jamais spécialement passionnante. Je détourne le regard et observe ces bâtiments que j’ai déjà vus mille fois mais qui ne me sont pas familiers pour autant.

- Alors, l’Oppidium Gaulois, ça te plaît toujours ?

Traduction : Tu bosses bien ? Tu ne me fais pas honte ? Rappel toi à qui tu dois ce job. J’ai très envie de soupirer en entendant ça, parce que c’est pas la première fois, mais je me retiens et continue de faire mine de rêvasser.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Sam 4 Fév - 20:35
C'est chiant de pas fumer. M'empoisonner les poumons me détend. Même si on m'a de nombreuses fois dit d'arrêter. Fait chier. En plus j'aime pas le temps. Il fait frais. On est au mois de janvier. Y a peut-être pas de neige, y a pas de pluie, mais il n'empêche que le temps est frileux. J'ai un peu de chair de poule et je me frotte les deux bras pour me calmer.
Bertrand il en a rien à foutre. Pour une fois il est pas habillé en treillis, c'est rare de le voir comme ça, détendu. Il s'approche de sa femme enceinte et lui fais un doux baiser sur la joue, avant qu'on continue.
On marche dans la rue, sur le trottoir. On est pas une smala, on part pas en braillant. On marche comme une famille de bourges bien élevés. D'ailleurs tout le monde est bien habillé. Il y a que moi qui me suit vêtu en toute hâte. Ma chemise est froissée, ma cravate est trop grande, et ma veste est un peu sale, y a une tâche que j'ai nettoyé rapidos, mais on en voit encore la trace.
Aaaah. Bordel. Je me sens vraiment pas bien. Les oreilles qui bourdonnent. Mais je peux pas me faire porter pâle. Henry m'en voudrait.

D'ailleurs il me colle aux talons. Je peux sentir son odeur. Sa forte odeur d'eau de toilette. Il a la face rasée de près, pas un poil sur sa mâchoire. Cheveux lisses, sourcils épilés, vêtements taillés sur-mesure. Tout chez ce mec est apparence. Il fait du sport et de la muscu juste pour paraître vif, alors qu'il ne serait pas capable de survivre hors des murs de la Cité. Il n'en a pas besoin. C'est ça l'avantage quand on est sénateurs.

- Ouais... Ouais ça me convient.
Enfin. Ça devient un peu répétitif ces derniers temps.
Mais... Je vais demander à faire des reportages.

- Tu veux dire sortir ? Dans Paris ?
- Ouais. Pourquoi ?
- Je pensais que ce qui te plaisait c'était de faire des chroniques. Des dessins de presse.
Je t'imaginais pas vouloir jouer à l'aventurier.
- Comment ça tu m'imaginais pas ?
Je lui demande soudain.
- Le prend pas à mal. C'est juste que... Eh bien... Tu n'es pas vraiment...
- T'es un gros branleur
, compléta soudain Bertrand, beaucoup moins diplomate.

Je me contente de lever les yeux au ciel et de continuer à marcher.
Ah. Fait chier.

Voilà qu'après une longue marche, on se retrouve à aller dans la rue où il habite. Devant il y a deux condés, en uniformes bleus, casquette sur le crâne, matraque à la ceinture. On y fait à peine attention. Sauf Henry. Henry il se sent obligé de s'avancer et d'aller leur serrer la main, grand sourire sur le visage. Il leur demande viteuf comment ils vont. Les flics ont l'air occupé mais ils obtempèrent et forcent un sourire. Henry il est toujours gentil avec tout le monde. C'est bien normal : C'est eux qui votent.

Henry il vit dans un appartement. La Défense avant c'était rempli d'immeubles de bureaux et de grosses tours, aussi, c'est rare de voir des maisons isolées. Mais il n'empêche que ça en jette. On entre dans le hall d'une de ces gigantesques blocs en verre, gardées par un vigile vêtu de noir, et entouré de jardins et de fontaines d'eau, d'une eau claire et propre, alors que le mec moyen des TD l'utilise avec parcimonie.

Quand je dis que mon frère a un appartement, je parle pas d'un studio une pièce. Nan. On s'en rend compte après qu'il ait ouvert la porte, assez vite. Il a réquisitionné un lieu gigantesque, plein de pièces, avec une vue immense sur le quartier sénatorial par la baie vitrée. Il a même une salle de jeu, un poste radio qui sort pas du son métallisé, et puis des tapis, et puis, et puis...
Et puis ça pue la richesse. Pas besoin d'en ajouter. Il y a son majordome qui arrive et qui s'enquérit de nouvelles, avant de nous prendre nos manteaux l'un après l'autre. Et le sénateur annonce, tout gaiement :

- Il fait un peu trop frais. Nous ne mangeons pas sur la terrasse mais dans la salle à manger.
- Bien monsieur.
- Bertrand, ça te dis de venir discuter avec moi deux minutes ? Du travail ?
André, vous servirez à ma famille un apéritif.
- Bien monsieur.


Le vieux André, un homme d'une cinquantaine d'années aux cheveux déjà blancs, mais toujours l'air fringant et vif malgré ses rides et sa face qui ne sourit jamais, se dépêche de s'exécuter, en marchand dans tous les sens.
La femme de Bertrand va s'affaler sur le canapé, fatiguée, tandis que son fils est accompagné par le majordome dans la salle de jeu. Julie et son mari, Patrick, s'installent sur un autre canapé et se mettent à discuter avec la meuf de mon frère. Elle... Heu...
Merde j'ai oublié son prénom.
Alice.

Voilà, Alice.

Eh bien pendant que Patrick et Julie discutent avec Alice, moi je suis toujours debout dans le salon. J'essaye de pas montrer mon visage et de pas parler, parce que j'ai l'air tellement en chute, en train de cuver, avec une gueule de bois de malade, que je peux pas faire des interactions sociales. Non. Là je suis toujours dans le hall d'entrée. Je suis en train de regarder les photos de famille. Y en a une jolie où je suis avec papa.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Sam 4 Fév - 22:20
La baleine de Bernard va s’échouer sur le canapé, son mioche se tire jouer et son mari s’éloigne aider Henry. Ça s’est pour les bonnes nouvelles. La mauvaise, c’est qu’Henry aussi du coup, s’éloigne. J’aime pas. Je me sens nue. Non pas que je suis soudainement tombée folle amoureuse de lui et qu’il est ma raison de vivre. Juste que quand il est là, c’est à lui qu’on s’adresse en priorité. Julie me fait signe de les accompagner sur le canapé et je m’exécute.

Je n’aime pas Julie. Je suis surement jalouse. Cette fille a réussi seule. Elle est née dans une famille riche, mais y’a pas que ça. Elle se démerde bien dans sa vie et ne dépend pas de son mari. Elle ne risque pas de se faire prendre à mentir et être jetée de l’ascenseur social alors qu’il est en marche, alors que moi, si. Ou alors Julie est tout simplement une connasse et mon mépris envers elle serait alors totalement justifié.

- Tu ne travailles toujours pas, Alice ?

Je me coltine ton frère et je lui fais l’amour entre trois et dix fois par semaine. C’est un boulot à plein temps, non ? D'ailleurs je vous admire Patrick pour avoir un deuxième job à côté de celui-ci. Je ne sais pas comment vous faites.

- Non, je ne parviens pas à trouver une activité où je me sens utile et épanoui.

Sourire poli. Patrick acquiesce. Julie me rend mon sourire.

- Et ce mariage, toujours pas d’actualité ?

Et toi, être fécondée, ça ne te tente pas non plus ?

- Henry est très occupé par son boulot ces derniers temps, tu sais…

La véritable raison est incertaine. Deux possibilités :
- Soit mon cher et tendre sait que je ne suis pas une femme qu’on amène devant l’autel. Parce que tout le monde l’envie de m’avoir dans son lit, mais personne ne pense que je suis sérieusement une bonne épouse. Imaginez mes parents à la cérémonie. Voilà.
- Soit Henry s’attend à ce que, comme une bonne petite-amie sans emploi, j’organise tout et me montre super enthousiasme en lui désignant des robes avec une voix suraiguë. Il n’aurait qu’à payer et pouf, il serait marié, aurait une superbe réception digne de son rang.

Hm. En attendant, je penche la tête sur le côté et garde ce même sourire colle coller à ma gueule. J’ai envie de la mordre. Si ça se trouve, elle pose juste ces questions pour être polie. Je n’ai pas le courage de lui laisser le bénéfice du doute. Mon regard est attiré par le cadet, resté à distance à regarder de vieilles photos. Il fait mine que tout va bien, mais c’est évident qu’il a eu une sale nuit. Je m’excuse auprès du couple et je le rejoins. J’ai un peu de pitié pour lui. Bien sûr, j’ai eu un petit rire moqueur quand Bernard l’a traité de branleur, mais bon. On a un point commun, lui et moi : on fait semblant d’appartenir à ce monde-là. Et le plus drôle, c’est qu’il est né ici, mais il semble encore moins bien adapté que moi.

Je m’approche et me racle la gorge afin de ne pas le surprendre. Faudrait pas qu’il fasse tomber cette photo. André arrive et nous fourre deux verres dans les mains avant de se diriger vers les canapés. Je regarde le mien. Ça sent l’alcool à plein nez. D’ailleurs, je fronce le mien, agressé par l’odeur. J’aime pas trop ça, j’ai peur de perdre mes moyens et de raconter n’importe quoi après. Je lève les yeux vers Lucas. Normalement, j’aurais dû l’inviter à nous rejoindre sur les sofas, mais j’avais pas envie d’y retourner.

- Si tu as besoin d’anti-douleurs ou de vitamines, fais-moi signe, je te trouverais ça. Ou même des cachets de caféine.

Je replace la photo qu'il regardait, telle une bonne maîtresse de maison. Une des règles quand on est en territoire ennemie, c’est se trouver un allié. Les moutons noirs sont tout désignés pour endosser ce rôle.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Sam 4 Fév - 22:56
Je tilte à peine quand Alice s'approche de moi. Non pas que j'étais absorbé par la tristesse et le deuil et la nostalgie en voyant une photo de mon père. J'ai juste une gueule de bois horrible. D'ailleurs c'est peut-être pas malin de me donner un verre. Je pense que ça va juste me rincer la tronche un peu plus que je ne le suis déjà. Beurré comme un petit lu.

Pourtant je le descend rapidement. Presque cul-sec. Parce que j'en ai besoin. C'est fatiguant les dîners de famille ! Surtout avec cette famille ! Ah là là. Alice je lève à peine la tête pour la regarder dans les yeux. Je tente de lui sourire, mais c'est tellement forcé et faux que j'arrête quasi-immédiatement.

- Hein ? J'vois pas de quoi tu parles. J'ai pas besoin de caféine. Je vais très bien.


Je dis ça avec une voix assez rauque, au bord de l'extinction. C'est souvent ça quand on sort d'une nuit bourrée. Ah là là. J'ai même pas eut droit au bol de lait chaud au miel de mamie.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Sam 4 Fév - 23:50
- Très convainquant.

Je lui adresse un sourire moqueur et un clin d'oeil. L'avantage avec Lucas, c'est qu'il a pas beaucoup de crédit dans la famille et il a environ mon âge. Je peux me permettre d'être un peu familière, il ira pas s'offenser devant Henry. Je me permet de prendre son verre de ses mains et de le placer en vu pour qu'André le récupère. Avec un peu de chance, il va lui en apporter un autre. Ça animerait un peu ce repas.

Je regarde par dessus mon épaule, vérifier que tout le monde est occupé. Le couple parle avec le domestique, sûrement pour lui demander un service ou un renseignement. La femme de Bernard semble au bout de sa vie. J'espère qu'elle va accoucher sur ce canapé. Il est moche, il m'insupporte mais je n'ai pas trouvé de vrai raison pour le dégager du salon encore. Ça serait l'occasion rêvé. Mon compagnon et son frère sont toujours hors de vu.

-Si tu arrives aussi vif d'esprit sur le terrain, tu ne vas pas faire long feu et tu leur donnera raison.

Gros branleur. J'y pense, donc mes lèvres s'agrandissent en un sourire narquois.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 2:36
- Le terrain ?
Je pars pas dans une zone en guerre. La commune maintient la paix. Je vais juste rencontrer des gens ordinaires chez eux.


Je met mes mains dans mes poches, puisque j'ai rien pour les occuper. Et j'aime pas ça. C'est marrant d'avoir une cigarette avec laquelle jouer, ou un verre pour m'alcooliser. En attendant, je me met surtout à hausser les épaules, tandis que je reste un peu en retrait avec Alice.
La femme de Bertrand semble au bout du rouleau. La pauvre. Difficile de porter des gosses. Même si on vénère un peu ça. Enfin je veux dire, c'est ce qu'on apprend, à la messe et tout. Avoir des enfants c'est le bien c'est notre destin. Et c'est un bonheur. Enfin, ça doit être un bonheur, moi j'en sais rien, j'ai ni gosse ni copine. Mais...
...Enfin vous comprenez ce que j'veux dire.

- Je me demande de quoi Bertrand parle avec ton Henry.

Je dis ça innocemment. J'ai pas la carrure pour faire des intrigues politiques. J'en ai rien à branler. Ils pourraient tout autant parler d'un projet top secret qui menace la sûreté de la République, que du voisin qui fait trop pousser ses fleurs qui débordent sur le balcon, que je n'en aurai pour ainsi dire rien à foutre.

Je soupire un peu. Je me sens vraiment au bout du rouleau. Heureusement j'ai plus envie de gerber. Mais un mal de crâne... Un mal de crâne de ouf ! J'ai l'impression qu'il y a un petit lutin qui est en train de me péter le cerveau avec un mini marteau, sur la moitié de la tête.

- Et puis ça me fera du bien. De voir d'autres gens je veux dire. La Commune c'est sympa mais au bout d'un moment c'est vachement étouffant.
Enfin je te demande pas de comprendre, hein. On voit bien quel genre de meuf t'es.


Et vlan. Rien à foutre d'insulter la femme de mon frère. Qu'est-ce qu'elle va faire ? Aller pleurer ? Bordel. Je suis arrivé à un point où limite j'ai envie qu'il me vire de chez lui le con... Allez. Allez. Il va encore me foutre dans son bureau et me faire la morale, dire comment tout est de ma faute et tout. Rah là là.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 3:13
Sa réponse me décroche un sourire moqueur. Lui, avec sa gueule qui crie « je suis un fils de noble puceau et inexpérimenté » pense être bien accueillis dans les bas quartiers ? Eh bah… Il risque d’être déçu. Bien évidemment, je ne dis rien. Je ne vais pas me vanter de connaître les sans-dents mieux que quiconque. Ça serait terriblement mal venu.

Par contre, son genre de meuf me fait tiquer. Mon sourire disparaît subitement, je reprends mon visage de garce. Je serre même un peu plus la mâchoire pour me donner un air sévère. C’est marrant. Je fais deux pas vers lui, la tête inclinée sur le côté. Je fais cinq bons centimètres de plus que lui, ça m’amuse beaucoup.

-Quel genre de meuf je suis, gros branleur ?

Mon visage s’adoucit d’un coup. Parce que je n’arrive pas à garder mon sérieux. Je revois encore la tête qu’il a fait quand Bernard a prononcé ces mots. J’ai même un petit sursaut parce que j’étrangle un ricanement. Je bois une gorgée de mon verre et réussis à cacher que je trouve ça infecte. Je le pose juste à côté de la photo que Lucas observait et recule d’autant que j’ai avancé.

- Passons. Il suffisait de dire non pour les cachets, je souhaitais juste t’aider à avoir l’air… vivant.

Je le regarde de haut en bas avec un dédain exagéré avant de lui faire un clin d’œil, lui sourire et me retourner, faisant mine de m’intéresser à ce qui se passe du côté des canapés.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 3:29
Je répond pas à la question. C'est ça, c'est un truc de journaliste. Extrêmement littéraire. Elle sait quel genre de meuf elle est. L'important c'est pas tellement la question, c'est plutôt la réponse. Ah là là. Je l'aime pas. Je la hais. Je me contente de lui faire un sourire faux-cul avant de partir. Je vais vers le reste de la famille. Au départ je pense parler. Mais en réalité non. Non je me contente de sourire et de demander comment ils vont, avant de me poser le cul sur un fauteuil dans un coin. Il faut pas que je fasse trop honte, non.

Le vioc majordome me ramène une coupe et je me dépêche de la boire. J'essaye de voir de quoi ils parlent, et tout.

- Oui, on arrête pas de faire des heures sup' à l'hôpital... Dit ma grande sœur. Cela devient franchement fatiguant.

En même temps elle n'a pas de vie de famille, alors de quoi elle est fatiguée ? Son boulot c'est tout ce qu'elle a. Je croise les yeux avec Patrick, son mari, qui est infirmier. Simple citoyen. Père immigré. Je lui souris. Il me force un sourire à moi aussi, mais il se dépêche vite de pas me regarder.
Un peu hésitant, il essaye de se mêler de la conversation.

- Et heu... Travailler à l'Oppidium Gaulois, ça doit être bien non ?
Je t'écoutais quand tu passais à la radio, c'était toujours très drôle.
- Ouais merci, mais heu, en vrai, y a que des cons.
- Ah ?
- Ouais... Sérieux.
- Mais comment ça des cons ?
- Bah je sais pas ! C'est des cons ! J'ai pas d'autre chose à dire.


Je me met vite à finir ma coupe. Vite vite. Qu'est-ce que j'aime pas les interactions sociales avec eux. Mes potes, quand je dis qu'un type est un con, ils se contentent d'agiter la tête pour acquiescer, ils me demandent pas de me justifier.

Enfin au bout d'un moment et après d'autres conversations, la porte s'ouvre, et Bertrand et Henry sortent tous les deux. Bertrand semble contrit, mais son visage se détend alors qu'il arrive au niveau du canapé, ses mains se posant sur les épaules de sa femme qu'il masse.
Henry s'approche d'Alice, la prend par la hanche et lui fais un bisou sur la joue. Avant de se tourner vers nous et de s'exclamer.

- Bien. Pardon pour cela.
On peut passer à table ?
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 3:43
Mes yeux suivent Lucas. Non pas qu'il est tellement beau qu'il mérite toute mon attention, mais c'est que je vois la connerie venir. Je reste en retrait, appuyée contre le mur. L'espace d'un instant, je me demande véritablement ce qu'il entendait par "on voit bien quel genre de meuf t'es". Après, je me souviens que j'en ai rien à foutre de son avis et j'ai un petit sourire. Le voilà qui part en couille. Ce gars ne me déçois jamais, c'est fantastique. Je me retiens d'exploser de rire en me mordant l'intérieur de la joue. Je me retourne pour attraper mon verre que je vide et que je repose pile au moment où Henry revient vers moi. Il m'attrape par la hanche alors que je me sers contre lui. Il m'embrasse la joue. Ses lèvres sont sèches mais chaudes.

Je suis tout le monde alors qu'on se dirige à table. Règles de plan de table débiles oblige, je me retrouve à la droite de Bernard, au bout de la table et en face de Lucas. Je lui adresse un grand sourire, espérant l'agacer. A ma gauche, Bernard parle d'une voix forte avec Patrick et Henry. Tout le monde semble préférer nous oublier pour le moment. Du coup, afin d'en rajouter une couche, je m'adresse à Lucas tout en prenant un air détaché, dépliant ma serviette sur mes genoux.

-Ils ne peuvent pas être tous cons, il doit bien en avoir un pour sauver la mise, non ?

Une bonne maîtresse de maison, bien éduquée, n'aurait jamais remis le sujet sur le tapis. Mais nos voisins sont occupés à autre chose et je n'ai pas parlé très fort. Le plus dur, c'est de ne pas exploser de rire.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 15:51
Hop on est à table. Et je devine déjà que l'apéro va être très arrosé. Parce que voilà que Henry, qui comme à son habitude adore nous étaler sa richesse, a décidé de faire amener une bouteille de vin. Alors qu'il est en bout de table, tout sourire, voilà qu'il prend des mains la bibine que le majordome a apporté, pour nous la présenter à tous, l'air ravi, fier de son pognon et de sa fortune.

- Château-Anselme, 7 ans d'âge ; Il vient d'une communauté à l'extérieur de Paris, près des rails.
- 7 ans d'âge... Alors ça date d'avant l'attentat
, note Patrick.
- Oui... Un bon cru. De toute façon, tout ce qui date d'avant l'attentat est un bon cru.

Il ouvrit le bouchon de la bouteille et il commença à tous nous servir, allant dans notre dos à chaque fois pour que nos verres à pied soient remplis d'un joli liquide rouge.
C'est vrai que tout ce qui date d'avant l'attentat était une bonne année. On y a perdu notre père, mais plus globalement, c'est aussi moyen niveau politique internationale. La FNF est devenue paranoïaque, y a des flics partout et des contrôles d'identité à chaque coin de rue.

Je lève le vin et l'observe rapidement dans le verre, le faisant tournoyer un peu sur lui-même. Bertrand me regarde, l'air un peu agacé.

- Tu joues à l'ethnologue maintenant ?
- L’œnologue. Pas ethnologue.
- Bertrand te parles du fait que tu souhaites visiter Paris
, corrige Henry qui prend immédiatement la défense de son frère de militaire. Apprend donc à te concentrer quand on te parle.
- Même si c'est vrai que tu dois plus connaître le vin que Paris !


Il ricane en attrapant lui-même son vin. L'officier le descend rapidement, sans même prendre le temps d'apprécier la robe et le goût de l'alcool, et...
...Et moi non plus d'ailleurs. Je suis pas œnologue du tout. Rien à foutre d'à quoi ressemble le vin qui m'empoisonne les veines. Même s'il a bon goût je dois avouer. Très bon goût.

La femme de Bertrand pose la main sur son verre pour refuser poliment, ce qui fait afficher un doux sourire sur le visage du sénateur. En vrai il n'aime pas les enfants. Mais il aime Bertrand, et Bertrand lui est heureux comme tout d'avoir des chiards, plein de chiards.
Pfiouh.

Bon.

Henry retourne en bout de table et commence la conversation, pendant qu'on nous amène ce qui nous sert d'entrée. Une sorte de salade de mâche garnie de légume, pis des tartines faites de poisson, du poisson élevé en bassin à la Défense et non pas pêché dans la Seine, parce que les poissons de la Seine sont vraiment pas tip-top niveau hygiène alimentaire...
Alice est juste en face de moi. Je la regarde à peine. Je suis un peu gêné. Elle m'aime pas. Puisqu'elle m'aime pas, alors moi non plus je l'aime pas ! Je la hais, voilà c'est décidé. Oui.

Elle me parle, soudainement, à moi. Du travail. Elle ramène le sujet de l'Oppidium Gaulois. Ça me fait mal au crâne de parler au boulot. J'y vais beaucoup plus par obligation qu'autre chose. Et puis j'aime bien ça faut avouer. Enfin j'aime bien le placard où ils m'ont foutu. Jusqu'ici je faisais des dessins de presse, alors ils se contentaient de me foutre dans un coin du bureau, avec la cafetière et mes papiers pour faire des croquis. Des fois j'allais draguer les collègues, mais le boulot c'est pas pareil que l'école ou les études. Y a pas vraiment de solidarité, on se fait pas de potes.

- Baaah... Je sais pas trop quoi te dire. C'est ambiance boulot-boulot. C'est surtout des gars de la rédaction qui veulent chier des articles. Et y a pas vraiment d'esprit créatif... Je le vois, à chaque fois que je propose des blagues marrantes à l'éditeur, je me fais censurer, et il me fait d'autres propositions, c'est limite si c'est pas lui qui décide de ce que je dessine.
Et il a des blagues de vieux, des blagues de merde.


Bertrand tourne les yeux vers moi. Il peut pas s'empêcher de se mêler de notre conversation, le con.

- La censure existe pour une raison, Lucas. Ton journal est lu par les citoyens de la République, l'opinion et l'esprit a une très grande importance, rien ne peut-être laissé au hasard, fait-il en pointant sa tête avec son doigt, comme s'il me disait de réfléchir et d'arrêter d'être attardé.
- Ouais ouais...
'Fin, heu, voilà. J'ai hâte de partir dans Paris. Y se passe quoi dans Paris ?


Bertrand soupire lentement, avant de poser ses couverts dans son assiette et de se resservir d'alcool. Puisqu'il attrape la bouteille, il en profite pour refaire rapidement des gestes vers tous les attablés.

- Vous revoulez du vin ?
Paris, Paris... Qu'est-ce que je peux en dire ? L'habitude. Heu... Le capitaine Arsène du Clamp m'a appris qu'il avait dû pendre deux sans-dents du Terminus la semaine dernière, parce qu'ils ont tenté d'agresser des gens. Enfin c'est un magistrat ambulant qui est venu, il a fait un procès expéditif, et pouf. On les a pendus sur le pont du Boulevard de la Chapelle.
- Ah ok...
C'était pas vraiment ma question tu sais, mais ok.

- Tu voulais que je te dise quoi ? Y a rien à voir au-delà de la Commune. Que dalle. Rien que de la poussière, des paysans et des mineurs. Et ça c'est les honnêtes gens. Parce qu'il y a des gens pas honnêtes aussi, genre... "La Résistance".
- C'est de ça que vous discutiez avec Henry ?
- Ce que je discute avec Henry regarde moi et Henry.


Ayant dit ça il tourne son regard vers Alice, et prend une voix beaucoup plus douce pour lui parler.

- Hey Alice... Je me disais. Qu'est-ce que t'aimes faire dans la vie ?
- Bertrand, ne la dérange pas...
Murmure Henry.
- Non mais je veux dire. J'espère que tu t'ennuies pas trop.
- Ta femme non plus ne travaille pas, à ce que je sache.
- Oui mais ma femme élève mes enfants.
Enfin je veux dire...
N'y vois aucune insulte hein. C'est juste que... Je me demande, c'est tout.

Et il reprend son verre de vin.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 16:49
Je suis déçue. J’espérais l’agacer bien plus que ça avec ma question. Du coup, je hoche la tête et me concentre sur ma nourriture. Je plie délicatement ma salade avec mes couverts, écoutant d’une oreille distraite la conversation d’à côté. Ça devient trop politique pour moi. J’ai pas d’avis sur la question. Tout ce que je sais, c’est qu’un pouvoir fort, c’est nécessaire. Après je connais pas les alternatives ni rien, donc je ferme ma gueule et enfourne une moitié de tartine dans ma bouche afin de me donner une bonne raison de ne pas participer à cette discussion. Je pose deux doigts sur le rebord de mon verre alors que mon voisin fait mine de me resservir. Je ne l’ai même pas vidé et je compte le garder longtemps remplie, buvant goutte par goutte afin de ne pas perdre l’esprit.

Je ne réagis qu’en entendant « Moi et Henry ». On dit Henry et moi et c’est une fille de cordonnière qui le sait. Ces gars-là peuvent se permettre d’oublier certaines règles, pas moi. Puis j’entends mon nom alors j’avale ce que j’ai en bouche, je m’essuie la bouche sans ruiner mon maquillage et je me tourne vers lui, tout sourire. Henry prend ma défense alors que ce n'est pas la peine. Il est gêné parce que quand on me pense inintéressante, ça entache son image à lui. Pas la mienne. Moi, j’hésite pas si ce n’est à travers la figure du sénateur. Mon sourire s’élargit au fur et à mesure de leur simili querelle. Si Henry me laissait l’ouvrir, ça serait réglé depuis longtemps. Faut qu’il apprenne à me faire confiance. Il a peur pour lui, que si je dis des conneries ou si je perds tout mon crédit, qu’il doive me jeter dehors alors qu’il en a pas véritablement envie.

-Il n’y a aucun mal à demander. J’adore les photographies d’artistes datant du monde d’avant. J’étudie plusieurs ouvrages et, qui sait, peut-être qu’un jour, je me déciderais à ouvrir une galerie où j’exposerais des chefs-d’œuvre retrouvés.

Immense sourire qui se veut franc et sympathique. Je prends mon verre en main et je le porte à mes lèvres pour me donner une contenance. Mon regard s’attarde sur mon compagnon qui fronce un peu les sourcils. Il est surpris par ce projet sorti de nulle part. Oui, j’aime l’art parce que c’est joli et ça dépeint un monde différent, mais j’y connais rien. Cependant, j’ai appris qu’en ce domaine, plus tu hoches la tête avec un air sérieux devant une œuvre avant de sortir un discours débile, plus les gens t’admirent. C’est donc une discipline faite pour moi. Et puis, je me souviens avoir entendu une femme dire ça, lors de mes premières soirées avec l’élite, à l’époque où j’étais avec un gars de l’armée. Je trouve que ça sonne bien, ça fait respectable et personne n’ose jamais demander pourquoi les artistes et assimilés ne bougent pas leur cul.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Dim 5 Fév - 18:54
- Eh bien, je te souhaite bonne chance pour ta carrière d'artiste alors.

Couverts qui s'entre-choquent et qui raclent les assiettes, verres et de vins qui se coulent. On passe des hors-d’œuvre au plat de résistance, alors que je trouve le moyen parfait de rester caché, planqué, écrasé sur ma chaise dans un coin. J'ai les yeux baissés, rivés sur mon assiette, alors que je me met à refuser poliment les verres de vin qu'on me donne. Je douille, mais je pense que j'ai trouvé le moyen parfait. Je me fais pas repérer. Tout est plutôt cool. Je pense que... Que je vais m'en sortir. Malgré mon atroce gueule de bois qui me déchire la cervelle et mes muscles qui sont atrophiés.

Personne ne me fais la moindre réflexion sur le fait que je parle à peine. Ils se mêlent pas trop de moi. Non, je mange silencieusement, sans même demander à ce qu'on me resserve. Et j'ai toujours le verre plein -plein d'eau- alors j'arrive à passer ce repas de famille d'une façon acceptable.
De temps en temps je lève bien les yeux pour montrer que je suis pas mort, mais je croise juste rapidement de ceux à table, avant de continuer à bouffer.

Vivement que cette torture se termine...
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Jeu 23 Fév - 23:57
On me laisse tranquille parce qu'on juge ma réponse acceptable. Je sais pas vraiment s'ils sont satisfaits de ma réponse ou s'ils l'acceptent juste parce qu'ils se disent que je peux me tenir correctement et donc pas plonger toute leur fratrie dans la honte. Je m'en fou, tant qu'on me laisse. Le repas avance sans qu'aucune conversation n’attire véritablement mon attention, Bernard et Henry se resservent plusieurs fois du vin. Encore un verre et les discussions vont être influencée par l'alcool. Je regarde ça du coin de l'oeil, formulant quelques prédictions pour moi-même.

La baleine poussa un soupire las et se lève soudainement de table. Elle s'excuse, se dit fatiguer, que le bruit ambiant l’éreinte et elle se traîne lourdement jusqu'au canapé moche. Je repense qu'il faut absolument qu'elle accouche dessus et un petit sourire en coin naît sur mon visage.

- Merci André, vous pouvez emmener nos assiettes et apporter le dessert. Oh, et apporter une nouvelle bouteille. J'ai un vin fantastique pour accompagner le sucré, vous m'en direz des nouvelles.

Henry est toujours aussi content de se vanter d'avoir du vin super cher. Et le dessert promet d'être pas mal aussi, je l'ai entendu en parler plusieurs fois avec André. Il est comme ça, c'est un gars qui veut en mettre plein les yeux et il voit dans le dessert le clou du spectacle, la dernière note qui reste en mémoire. C'est à mon tour de pousser un soupire de lassiture. J'ai déjà plus faim et franchement, cette réunion s'éternise.
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MessageSujet: Re: Kyrie Eleison Ven 24 Fév - 14:56
Ne plus avoir la femme de Bertrand à table me permet de faire quelque chose qui me ferait presque pousser un soupir de jouissance : Fumer. Alors qu'on nous amène à table une espèce de tarte à la pomme avec une boule de glace, et qu'on nous sert dans nos verres un vin blanc effervescent, je peux me mettre un bout de nicotine dans le bec et commencer à m'en griller une, à l'aide du briquet. Je tends le paquet à Alice, qui est en face de moi, et lui en propose une. Mais ça fait rire Henry.

- Voyons, tu vas pas la faire fumer cette saloperie que t'as trouvé sur l'Esplanade ?
- T'as mieux je suppose ?
- Oh oui j'ai mieux. J'ai des cigares.


Ah le con. Il va encore m'amener ses trucs, sa boîte d'allumettes parce qu'il n'utilise pas de briquet, et puis la guillotine pour couper le cigare. Je soupire de la fumée, et toussote un peu, assez pour qu'on sente les glaires qui sortent de ma gorge. Bertrand tire la gueule. Il aime pas les gens qui fument.

- Vivement que le Sénat passe une loi pour taxer le tabac.
- Hein ? Taxer le tabac ?
Je dis subitement, me réveillant de ma torpeur provoquée par la gueule de bois.
- Eh bien oui. La cigarette cause de nombreux décès et cancers chaque année. Ça représente un gros coût.
- Mais elle va jamais passer ta loi ! Tous les ouvriers y fument, tu crois pas qui vont s'mettre en grève si tu passes cette loi ?
- C'est vrai que les ouvriers sont une belle bande de rapaces, toujours à se plaindre pour un rien...
- Du calme, vous deux. On va quand même pas discuter de politique à table ! En plus tu connais les opinions de Lucas.


Ça y est ça va se moquer de mes opinions. D'ailleurs j'en soupire. Tout ça parce que une fois j'ai dis que le revenu universel c'était une bonne idée, et ça y est, tout le monde me voit comme un bobo-gauchiste qui veut donner la citoyenneté à tous les migrants de la Commune. Et tout ça parce qu'une fois j'ai dis que j'étais intéressé par les religions païennes, ils me voient comme un apostat qui veut renverser la religion. C'est quand même fou les préjugés qu'ils ont. Bande de chiens. Ils me poussent dans ma radicalisation de mec bobo, pas étonnant que j'ai déjà sucé un mec.

- Tu dis rien Lucas ?
- Hein ? Heu non je pensais à un truc...

Ma sœur me fait un mouvement de tête, avant de manger sa tarte aux pommes.

- Et puis, de toute façon, je ne pense pas rester longtemps, j'ai du boulot...
- Oh bah non !
S'exclama Henry, une once de déception dans sa voix. Tu vas pas filer comme un voleur tout de suite après le déjeuner !
- Quoi, t'as prévu des trucs ?
- Eh bien, oui ! Je pensais nous amener à une pièce de théâtre qui va être jouée, en fin d'après-midi. En attendant, on pourrait prendre un café et discuter.


Je pousse le soupire le plus sonore au monde, du fond de ma gorge. Tellement que ça en fait écarquiller des yeux au sénateur et à son frangin-soldat. Pas le théâtre putain ! Non ! Non je pensais pouvoir aller me cacher sous des draps ! Non, j'en ai marre ! Surtout que 80% des pièces de théâtre de la Commune c'est la même chose, un truc qui glorifie un passage de l'Histoire de France ou du prophète Jean. J'en ai ma claque ! Je veux rentrer !

- T'as un problème ?
Dit Bertrand. Et depuis quand t'as du boulot ?
- Non mais voilà quoi, on est pas obligés d'aller au théâtre un dimanche, demain je dois me lever tôt et tout !
- ça sera fini à 23 heures.
- 23 heures ?!


« Fin d'après-midi » ça veut dire « 17 heures ». Donc 6 heures au théâtre, ça doit être un truc HYPER long avec plusieurs actes et les entractes, et je suis sûr qu'il y aura plein d'amis d'Henry, riches et tout, et qu'il faudra se tenir, oh bon sang, j'ai l'impression d'être un chat mouillé qui veut fuir parce que les chiens aboient. Faut que je trouve une porte de sortie, vite, un moyen.
Je sais, je vais vomir !

Je me prend une grosse bouffée de cigarette, comme si je la fumais d'un coup. Puis j'écrase les cendres dans un cendrier (Henry a acheté un cendrier juste pour quand je viens, il en avait marre que je jette mes mégots dans l'évier ou au fond du verre de champagne), et hausse les épaules. J'essaye de faire le comédien. J'essaye de paraître à l'article de la mort.

- Heu, je sais pas trop, je suis malade... Je pense qu'il vaut mieux que je rentre chez moi...
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