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MessageSujet: La chanson de l'Inquisition Ven 26 Mai - 17:00
Il était rare de croiser des Inquisiteurs dans la cathédrale de Notre-Dame. Quand bien même ils étaient les plus grands guerriers des Terres Désolées, partout où ils arrivaient, avec leurs grandes tenues NBC marquées de la Croix du Christ, un profond sentiment de malaise suivait. Pourquoi ? Peut-être pour leur toxicomanie : Tous les inquisiteurs qui entraient dans la nef de Notre-Dame avaient les yeux injectés de sang, de grosses cernes sur leurs paupières, les mains un peu tremblantes, leurs tempes couvertes de sueur. Ils étaient drogués, montraient tous les symptômes de manque, qu’ils tentaient tant bien que mal de combattre lors de leurs périodes de sevrage, enfermés dans les cloîtres et les scriptoriums des monastères, avant qu’on leur en fasse sortir pour traquer un nouveau monstre. Mais la raison de la peur des inquisiteurs était toute autre : Le Fléau est un mal insidieux, qui peut toucher n’importe qui, même des êtres chers, et personne, pas même le Président de la République ou l’Archevêque de Paris, ne peut échapper à cette punition, celle d’être enfermé dans le ghetto de Ménilmutant.
C’est donc avec froid, le dos rond, que les hospitaliers accueillirent leurs frères Inquisiteurs. On y voyait le grand chasseur Géraud de Chartres qui avait de longs cheveux blancs et une épaisse barbe, la jeune recrue Ferrand la Carpe surnommée ainsi pour ses lèvres qui avaient été cousues par un seigneur ribleur ce qui le condamnait à se nourrir avec une paille, et d’Albâtre qui était scarifié partout sur son corps. Les trois hommes firent le chemin jusqu’aux reliques de Notre-Dame, s’agenouillèrent tous les trois devant l’autel, et firent chacun une courte prière pour remercier Dieu de leur voyage sain et sauf et pour qu’Il continue à veiller sur eux en ce jour.

Un homme les observait, à une petite trentaine de pas dans leurs dos. Il arrivait accompagné de deux grands chevaliers hospitaliers, donnant ainsi un effet comique à ce freluquet dont la taille s’arrêtait à leurs torses. Un homme quarantenaire, petit, mince comme un sac d’os, revêtu d’une longue cape noire et de bijoux ecclésiastiques. Il resta un moment un retrait, un peu impressionné par ces trois pèlerins qui étaient à genoux devant l’autel, priant humblement ; Nul doute que toutes les rumeurs qu’il avait entendues sur les inquisiteurs lui venaient en tête.

« Bonjour mes biens chers frères. Je suis l’archidiacre Lucain le Débonnaire. C’est un grand honneur pour moi de vous accueillir ici à Notre-Dame, et je vous remercie d’avoir répondu à l’appel de l’archevêque...
Misereatur nostri omnipotens Deus et dimissis peccatis nostris perducat nos ad vitam aeternam – Amen –Indulgentiam, absolutionem et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus. Amen. »


L’archidiacre fit un pas en arrière, inquiet à l’idée d’avoir interrompu des inquisiteurs. Mais lorsque ceux-ci eurent terminé leur prière, ils se levèrent tous les trois et arquèrent leurs dos devant le diacre, dans une courte révérence.

« Nous sommes à la disposition de Monseigneur Piolat, dit Géraud dans une voix basse qui se fracassa en écho dans l’édifice. Néanmoins, s’il souhaitait chasser des monstres, il lui aurait suffit d’envoyer une requête écrite, et non demander notre présence.
– C’est que, mon frère, il s’agit bien d’un monstre que vous devez poursuivre. Mais pas l’un dont on a l’habitude...
Suivez-moi, mes biens chers frères. Nous avons préparé une pitance et un gîte pour vous, et nous pourrons vous expliquer de quoi il s’agit. »



Le Royaume du Lac
État indépendant situé dans le Piedmont alpin et constitué autour de l’ancien Lac Léman, le Royaume du Lac a été fondé en l’an 2199 lorsque les « Sept Compagnons », une troupe d’excellents combattants mercenaires, ont repoussé le cruel chef tribal Hartmann descendu des Alpes.
Le Royaume du Lac est très différent du reste du monde connu, au point où on le surnomme « Les Terres Miraculées » : L’eau du Lac Léman est très pure, protégée des cours d’eau contaminées par le barrage du Seujet, aussi, l’activité agricole constitue la principale richesse du Royaume : Des canaux ont été creusés le long des plaines du territoire, et l’on peut y faire pousser des céréales, des fruits, et faire paître du bétail.
Le Royaume du Lac est féodalisé jusqu’à l’extrême. Des châteaux s’étendent à perte de vue, où des princesses et de preux chevaliers peuvent se goinfrer lors de somptueux banquets. Mais la grande majorité de la population est faite de serfs, des paysans qui n’ont aucun droit, qui peuvent être brutalisés s’ils sont trouvés en possession d’or ou d’argent, ou s’ils ont le malheur de chasser sur les domaines réservés de leurs seigneurs ; Alors même que le Royaume du Lac est anormalement opulent comparé aux Terres Désolées, sa populace meurt de faim, croulant sous les impôts dont ils sont écrasés. Le clergé et ses monastères représentent un contre-pouvoir très important aux nobles, mais l’évêque de Genève préfère profiter de ce système que d’aider les serfs. Le Royaume étant très peu développé technologiquement ou économiquement, il n’y a ni classe marchande, ni villes indépendantes ; Les plus grandes communautés urbaines sont tout simplement des villages ou des petits bourgs protégés par des remparts tenus par les sangs-bleus.
Le Roi du Lac est le premier de tous les seigneurs de la principauté : Tous les châtelains, peu importe leur rang, lui doivent fidélité et obéissance, et tous les habitants du Léman, du plus pauvre paysan au plus nanti des aristocrates, le respectent. Le Roi est en théorie désigné par la Dame du Lac, qui résident au fond du Léman ; En réalité, il s’agit d’une monarchie élective où les Sept Barons choisissent un des leurs pour rencontrer la Dame du Lac.


Vulgrin de Genêve
La maison des barons d’Genêve n’est pas la plus puissante des Sept dynasties régnant sur le Lac ; Mais Vulgrin est sans conteste le plus respecté de tous les pairs du Royaume. Depuis qu’il est enfant, il a fait montre d’actes de vaillance et de bravoure sans pareille, créant une légende vivante qui l’auréole de gloire. Il règne depuis vingt-trois ans sur le Royaume du Lac, et espère bien que son fils aîné, Roland, qui est également un pieux guerrier, puisse lui succéder, si Dame Lémanne l’en juge digne.


La Dame du Lac
Le culte de la Dame du Lac est une légende qui apparaît juste après la chute de l’Astéroïde. Alors que les vagabonds sont tiraillés par la soif et la faim, le Lac Léman parvint miraculeusement à être préservé. Nombre de gens viennent s’y installer, et tous imaginent qu’une présence surnaturelle est l’explication de la survie de cette étendue d’eau pure et miraculeuse, qui guérirait les maladies et les handicaps : Pour eux, c’est une fée, Lémanne, qui est la gardienne de ces eaux.
Le Lac a très vite attiré les jalousies, et de nombreux seigneurs de guerre se sont succédé les uns à la suite des autres pour en obtenir le contrôle. Mais les barbares alpins seront chassés par un gang de ribleurs, surnommés « les Sept Compagnons », qui prétendirent avoir été bénis par Lémanne elle-même ; Ces Sept Compagnons sont à l’origine des grandes familles nobles qui dirigent toujours le Royaume.
Lorsque le culte Apostolique a envoyé ses missionnaires au Lac Léman, les clercs ont été tentés d’endiguer cette croyance païenne. Mais devant la difficulté de cette tâche, ils ont préféré avoir recours à l’œcuménisme et concilier le culte de la Dame du Lac avec les préceptes de l’Église ; Pour les prêtres et les moines du Royaume, Lémanne serait l’incarnation d’un Ange.
Sur la Dame du Lac repose toute la fondation du pouvoir de la noblesse : C’est parce qu’elle existe et que leurs ancêtres, les Sept, ont été bénis par elle, qu’ils ont le droit de vie et de mort sur leurs terres et qu’ils ont un pouvoir illimité sur les canaux et le barrage du Seujet. De plus, Lémanne est censée désigner le Roi lorsque le monarque décède : Selon la tradition, le prétendant doit remplir des actes de bravoure et de chevalerie, en réussissant de fiers exploits militaires, comme chasser des païens alpins ou ramener une tête de Titan. Lorsqu’un jeune prince a réussi à impressionner la cour, les clercs, et inévitablement les gueux, il est amené en pleine nuit au lac Léman, on lui fait boire une boisson sainte (En réalité un cocktail de drogue), et il doit aller y trouver Lémanne qui le sacrera en désignant une croix à l’huile sur son front ; En attendant, ce sont des régents qui dirigent les affaires du Royaume.
Jusqu’ici, tous les Rois qui ont été ainsi désignés étaient des aînés de l’une des Sept Familles. Il n’y a aucune mobilité sociale dans les Terres Miraculées, et il est impossible pour un roturier d’espérer être adoubé.


Le Royaume du Lac est un vivier de recrutement pour l’ordre des hospitaliers : Les chevaliers issus des castels et des fortins de pierre ou de bois sont nombreux, trop nombre pour que les dynasties propriétaires de la terre puissent toutes les entretenir. Grandissant forts, entraînés, remplis des valeurs de piété et de courage, le choix de porter les armes vient tout naturellement pour eux. Si le Royaume était perdu, nul doute que l’ordre des hospitaliers en prendrait un coup.
C’est pour cela que les récents troubles qui gagnent ainsi cette principauté ont été accueillis les dents serrées. Et c’est pour quoi sire d’Albâtre et ses deux nouveaux camarades ont été envoyés, tout armés, sur l’ordre de l’archevêque en personne.

Depuis maintenant quelques semaines, une série de meurtres frappe la noblesse du Lac. Des meurtres grotesques et horribles, au sein même de leurs châteaux fortifiés. Les gardes ont été renforcées, et tous les sangs-bleus ont conscience du danger, mais cela n’a pas prévenu l’assassin de frapper à nouveau, encore et encore : On dénombre pour l’instant 5 victimes. Toutes tues atrocement, la gorge ouverte, et leur sang vidé en partie. Il n’y a pas de témoins, pas d’avancée dans l’enquête, et surtout, les rumeurs ce sont mises à circuler au sein de la crasse paysannerie locale. Certains disent que c’est un vampire qui est à l’origine de ces meurtres, d’autre que ce serait la Dame du Lac qui tuerait ainsi des chevaliers qui ont abusé de leurs pouvoirs. Pour les barons, ce meurtre s’explique bien plus simplement : C’est un fou illuminé, et il faudra l’écarteler.
Il n’empêche, au bout du cinquième meurtre, les rumeurs et les superstitions ont prit le pas sur la raison et les investigations purement cartésiennes. Dans l’esprit de tous, il est clair qu’un genre de monstre, on ne sait lequel, est à l’origine du meurtre. Et seuls des inquisiteurs peuvent remettre de l’ordre dans le Royaume du Lac.

Les trois traqueurs ont l’ordre de mettre fin aux agissements du criminel, probablement fantastique. Embarquant avec eux des potions et leurs talents d’investigateurs, on attend d’eux qu’ils réussissent.

La frontière entre la marche de Vessoul et le Royaume du Lac est assez saisissante. Elle n’est pas franchement claire, ni bien définie. Il y a des châteaux d’un côté, d’autres châteaux de l’autre ; On quitte des campagnes et des villages miséreux pour en trouver d’autres. Au détour d’un mont, en franchissant une crevasse surmontée d’un pont, on ne voit pas de gardes-frontières, ni de panneaux, ni de douaniers qui caracolent sur leurs bêtes pour aller obtenir un droit sur leur péage. Rien de tout ça. Mais les trois inquisiteurs s’arrêtèrent un moment devant un spectacle morbide : Sur la route, une dizaine de corps, pourris, décomposés depuis longtemps, verdâtres, bouffés par les corbeaux et les jambes rongées par les loups, pendus à des réverbères.

« Ce sont des ribleurs, nota Géraud à l’attention de ses compagnons. Les barons du Lac interdisent la consommation de stupéfiants, seul le vin de messe est toléré. Ils risquent de voir nos usages d’un très mauvais œil, mais ils ne s’en prendront pas à nous... »

Voilà plusieurs jours que les compagnons étaient sur les routes. Ils étaient fatigués, le cul en sang, leurs montures assoiffées et lentes. Mais ils avaient eu tout le loisir, de taverne en paroisse, de paroisse en château, recevant partout le gîte et le couvert comme hospitalité, même si les hôtes le faisaient souvent avec une grande appréhension. Ils avaient eu le temps de faire un peu connaissance, malgré le mutisme de Ferrand.
Géraud était né dans la province du Sénat. Il a grandi orphelin, des bonnes sœurs s’occupant de lui et lui donnant les soins ; Bagarreur, souvent avec des problèmes quand il était petit, il a tout naturellement rejoint les hospitaliers, pensant vivre une grande vie d’aventure. Le contact avec la population locale l’a rendu humble, a réussi à canaliser son hyperactivité, et c’est par choix, par devoir, qu’il a décidé de devenir inquisiteur, avec tout ce que cela implique. Pour Ferrand, c’était très différent. Torturé alors qu’il n’était qu’un petit gamin, c’est Géraud qui l’a sauvé quand celui-ci faisait encore partie de l’ordre des hospitaliers ; Arraché à un gang, on lui avait fait les pires sévices, à lui et aux siens, et il n’a jamais vraiment réussi à rentrer à nouveau dans le siècle. Sans amis, sans liens avec la société, il a décidé également de devenir inquisiteur par choix.
Ce n’était donc pas la première fois que de Chartres traînait ses bottes et sa lame près du Lac Léman. Nul doute que sa connaissance des mœurs locales allait être très importante pour la tâche qui les attendaient.

Alors qu’ils s’enfonçaient dans la principauté, le décor changeait du tout au tout. Finies les terres arides et sèches, finis les déserts de cendres. Ici, il faisait frais, il y avait de la verdure, de l’herbe à perte de vue, des forêts, et au loin, loin à l’horizon, des vallons et des collines, les massifs civilisés ou sauvages des Alpes. Le Piedmont était truffé de donjons et de tours de châteaux, mais plus l’œil s’élevait vers les cimes, et plus l’on voyait des forêts noires et inquiétantes. Il n’y avait néanmoins aucune neige sur les sommets, contrairement à ce qu’on peut voir dans les images des livres des écoles.

« L’actuel Roi du Lac est également le baron de Genève. C’est là-bas que nous devons nous rendre. »

Ses deux collègues acquiescèrent, et commencèrent leur route, en suivant les chemins creusés au milieu de la terre, et les vieilles routes départementales de l’Ancien Monde où l’asphalte disparaissait progressivement sous les assauts de la nature.

Alors qu’ils marchaient à l’ombre, les pas de leurs chevaux clapotant sur la route, et au-dessus de leurs têtes les feuillages de gros chênes cachant le soleil, un homme courut vers eux. Les trois mirent leurs mains sur leurs épées, mais furent vite tranquillisés quand l’énergumène leva ses mains en l’air. Il était vêtu en haillons, de la crosse sur ses bottes et sur le bas de sa tunique, le visage grossier, sale, barbu, un gros nez rouge sur le front, et des petits yeux tristes. Il avait un aspect famélique, les joues creuses, de constitution petite, les dents qui partaient dans tous les sens. Géraud leva sa main pour lui en montrer la paume, et le trio de cavaliers entourèrent le laboureur qui se jeta à genoux devant eux.

« Messires ! Nobles inquisiteurs ! Vous d’vez m’aider ! Par la Foi d’Dieu et l’Grâce d’la Dame, j’vous en conjure !
– Calme, gueux. De quoi s’agit-il ?
– Noble inquisiteur, c’mon village, peu loin d’ici ! Il est attaqué par des trolls ! Aidez-nous ! »


Géraud fronça ses sourcils blancs. Il était rare de voir des trolls en plein jour, et encore moins qui s’attaquent comme cela à ce qui devait être un village tout de même bien habité.
En levant les yeux vers le ciel, l’inquisiteur découvrit un nuage de fumée blanche. Il devait s’agir d’un signal d’alarme des villageois, pour prévenir le seigneur local de leur venir en aide.

« Combien de trolls s’agit-il, gueux ?
– Trois ou quatre ! J’ne sais pas sire ! J’travaillais aux champs quand j’en ai vu débarquer, et tuer un camarade en un coup de patte ! J’ai fuis aussitôt sire !
– Et ton village, il ne peut pas se défendre ? Combien êtes-vous ?
– Nous sommes une trentaine d’habitants, sire ! Pitié, nous vous donneront récompense ! »


Géraud tourna la bride de son cheval pour se mettre face à ses deux camarades.

« Je n’aime pas ça, c’est une perte de temps peu appréciable. Et je ne crois pas en sa récompense ; Les paysans n’ont rien à nous offrir.
D’un autre côté, pouvons-nous laisser des gueux se faire tuer par un monstre ? Qu’est-ce que tu en dis, d’Albâtre ? »
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MessageSujet: Re: La chanson de l'Inquisition Sam 27 Mai - 20:37
D'Albâtre s'était arrêté une semaine dans un village de la province Septentrionale pour panser les blessures que lui avait infligé un Cervignard sauvage. C'est ici qu'il fût trouvé par une coursier envoyé par l'Eglise. Le jeune gamin lui remit une lettre cachetée du sceau de l'évêque, lui demandant de rentrer au plus vite à Notre Dame, ce que s'empressa de faire l'inquisiteur.
Cela faisait plusieurs mois qu'il n'était pas revenu dans le fief du Clergé. Il en profita pour passer voir le forgeron pour se réapprovisionner en munition et chez l'apothicaire pour acheter quelques médicaments.

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Puis il retrouva Géraud de Chartres et Ferrand la Carpe.
Géraud était une vieille connaissance, pour autant on ne pouvait pas dire que d'Albâtre et lui étaient bons amis. Leurs méthodes et leurs personnalités étaient bien trop différentes pour que les deux hommes s'apprécient. Toutefois, d'Albâtre était tout de même content de retrouver un visage connu, ils étaient de plus en plus rares.
L'autre inquisiteur, d'Albâtre ne l'avait jamais vu, et pour cause, c'était une jeune recrue.

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Le trio d'inquisiteurs avaient marché plusieurs jours, dépassant les frontières de la province sénatoriale pour traverser la province médiane et la Marche de Vessoul avant d'arriver enfin dans le domaine du Roi du Lac. A peine avaient-ils pénétré les vallées herbeuses du piemond qu'ils étaient abordés par un paysan apeuré.

« Pourrions nous nous appeler Inquisiteurs si nous n'allons pas combattre les engeances ? Peu importe la récompense, il faut aller aider ces villageois. »

D'Albâtre tira sur les rênes de Charbon-Ardent pour le diriger vers le paysan, puis il tendit sa main gantée vers lui.

« Montez avec moi et dirigez nous.
Restons prudent, les trolls sont fourbes et se promènent rarement qu'à 4. Des villageois pourraient nous aider à les affronter ?
 »

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MessageSujet: Re: La chanson de l'Inquisition Dim 28 Mai - 15:17
La Carpe resta l’air patibulaire en observant les gueux et ses camarades. Devant l’enthousiasme d’Albâtre, Géraud se tourna vers son pupille, afin d’observer si le muet était d’accord avec le plan ; Un simple acquiescement de la tête le convainc d’aller sauver le village. Voilà que sire de Chartres tira la bride de sa bête, et les trois religieux étaient maintenant prêts à aller vers le village.

« Tous les villageois du pays du Lac sont armés de fourches et de faux ; Mais c’est là leur seule expérience martiale. S’il arrive que lors d’invasions de barbares alpins ils soient enrôlés de force dans les osts de leurs seigneurs, ils servent surtout de chair à épée.
En revanche, de nombreux villageois ont l’obligation de s’entraîner au tir à l’arc, pour accompagner leur sire à la chasse et servir d’auxiliaires de guerre ; Peut-être que les villageois ont levé une solide milice pour repousser l’ennemi, mais ils n’arriveront pas vraiment à tenir sans nous. »


Ayant dit cela, Géraud fit tomber le fusil d’assaut qu’il avait en bandoulière, et la Carpe sortit de son holster un magnifique revolver qu’il prit dans sa main droite, tenant la bride de la gauche.
Le gros paysan sprintait devant les inquisiteurs, s’essoufflant rapidement alors que les trois clercs tentaient de se remettre en force de combattre malgré l’épuisement de leur trajet des derniers jours.

Alors qu’ils quittèrent le bois, voilà qu’ils caracolaient le long d’une clairière couverte de pâtures vertes, et non loin, de champs couverts de l’or de blés. Ferrand tandis son doigt pour les désigner, les pupilles écarquillées, comme un enfant qui découvrait un magasin de bonbons. Il est sûr que quand on a grandit dans un désert aride où rien ne pousse, découvrir ces champs si merveilleux a son effet...
Devant eux s’étendaient de nombreux murets de pierre et des maisons en bois et en paille, aux toits de chaume. Le village semblait plus ou moins épais, au milieu on voyait de la fumée blanche qui s’élevait dans le ciel, et l’on pouvait entendre, pas très loin de là, des chocs d’acier et des hurlements. Il y avait du mouvement qu’on apercevait, des gens qui courraient dans tous les sens, sûrement pour se cacher. Devant l’entrée arrière du village, on apercevait un gros troll allongé sur le sol, le corps hérissé de flèches et la face ouverte par des entailles.
Géraud descendit à pied et fut vite imité par ses collègues. Le trio traversa la cour du village, où l’on voyait des femmes courir dans la direction inverse. L’une d’elle, une grosse paysanne couverte de pustules, bouscula Ferrand. Leurs regards se croisèrent un instant, et la gueuse eut l’air mortifiée en reconnaissant l’insigne de l’Inquisition sur son armure.

Les trois continuèrent jusqu’à approcher un grenier à blé, devant lequel une bande de paysans regroupés en milice se battaient en hurlant. Il y avait de nombreux morts et blessés, et deux d’entre eux étaient cloués à terre en train de se faire lacérer par les trolls. On en comptait cinq ou six, bien plus que ceux que le paysan avait compté, et ils encerclaient la quinzaine de paysans armés. Géraud sorti de sa sacoche un psycho qu’il s’enfonça dans le bras, avant de tirer une balle en l’air pour attirer l’attention des monstres et des gueux.
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MessageSujet: Re: La chanson de l'Inquisition Mar 30 Mai - 21:06
D'Albâtre empoigna son épée. Les armes à feu étaient peu efficaces face à l'agilité des trolls, mieux fallait y aller au corps à corps.
Comme l'avait prévu l'inquisiteur, les trolls étaient plus nombreux que ne l'avait dit le paysan. Il y avait déjà plusieurs morts parmi les villageois, mais certains continués valeureusement à se battre, armés de leurs faux, fourches et râteaux.
D'Albâtre mit pied à terre. Profitant du tir de Géraud qui détourna l'attention des monstres, il avança vers les survivants.

« Avec moi ! Ne vous préoccupez pas des blessés ! »

L'inquisiteur entra dans le cercle pour combattre au côté des paysans.
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MessageSujet: Re: La chanson de l'Inquisition Jeu 1 Juin - 17:12
Si Géraud s’était empressé de s’injecter du produit, d’Albâtre et la Carpe décidèrent de rester sevrés pour l’heure. Les drogues des inquisiteurs étaient sérieusement efficaces, et leur permettaient de décupler leur force, leur réactivité, et leur endurance, elles pouvaient servir à résister aux pires lacérations, aux températures extrêmes, et aux empoisonnements. Mais lorsque ça ne faisait plus effet, les pieux inquisiteurs se transformaient en monstres toxicomanes, infréquentables, impulsifs, dépressifs. Nombre de leurs frères avaient dû être condamnés à mort, ou s’étaient réduits au suicide après des péchés commis lors des périodes de vide.

D’Albâtre décida de s’élancer au secours des habitants. Géraud lui, préféra faire un signe à la Carpe et s’éloigner pour contourner le danger : Ils iraient frapper les trolls de derrière.

Le grenier à blé était un grand bâtiment en bois, rectangulaire, dont les grandes portes avaient été ouvertes. À l’intérieur, il y avait des mouches et une large traînée de sang sur la boue qui y menait. D’Albâtre devina vite qu’il y avait des blessés à l’intérieur. Mais pour l’heure, une petite milice de paysans bloquaient aux trolls l’accès à leur village, et cherchaient à repousser les monstres. En voyant l’Inquisiteur qui fonçait, épée à la main, leur frousse disparut quelque peu, et s’ils s’apprêtaient à s’enfuir et se débander, le courage revint en eux.
De leurs bouches de gueux aux dents déformées et cariées, ils se mirent à brailler :

« Gloire à Dieu ! La Dame a entendu nos prières ! »

La quinzaine de paysans se plaça derrière d’Albâtre. Trois d’entre eux étaient équipés d’arcs de mauvaise qualité, les autres avaient saisi leurs fourches et leurs faux pour servir d’armement improvisés. Aucun n’avait d’armure, contrairement à l’inquisiteur dont l’épais gambison fournissait une protection, même minime, face aux griffes et morsures des trolls. Néanmoins, les paysans eurent une lueur d’intelligence, et portaient à bout de bras des torches qu’ils agitaient en l’air, pour faire peur aux monstres. Le résultat est que les trolls n’osaient pas s’approcher, mais gardaient malgré tout une apparence mauvaise et violente, de la salive dégoulinant de leurs bouches, leurs gros yeux noirs qui transperçaient les âmes des combattants.
L’un des gueux s’avança en avant, hurlant à la gloire de la Dame du Lac ; Mais l’un des trolls se jeta sur lui, juste sous sa faux, et accrocha sa bouche à sa gorge, arrachant sa pomme d’Adam et projetant un geyser de sang un peu partout. La milice de paysans se recula.
Les archers s’avancèrent et décochèrent des traits. Ils s’enfoncèrent dans l’un des trolls, qui se mit à couiner et à se reculer. Mais plus que de lui faire mal, le tir semblait l’avoir enragé, et à présent il s’avançait.

D’Albâtre leva son regard perçant un peu plus loin. Il vit que, sur un minuscule talus, la Carpe et Géraud avaient sortis leurs armes et se préparaient à tirer sur les trolls. Ils semblaient attendre un signe de leur frère.
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