Partagez|
avatar
Fiche de personnage : d'Albâtre
Messages : 16
Argent : 72
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: L'immoralité crépusculaire des falaises insouciantes. [Rp présent] Dim 5 Mar - 12:19
Le sabot de Charbon-Ardent s'écrasa dans une flaque de boue.
Il avait beaucoup plut la nuit derrière et le chemin était inondé, à peine praticable.
Les nuages gris s'étaient levés pour laisser place au soleil et au ciel bleu, mais le froid persistait et le vent frais mordait les os de l'inquisiteur pourtant bien protégés sous sa cuirasse de cuir.

Cela faisait déjà 3 jours et 3 nuits que d'Albâtre voyageait en direction de la Nouvelle-Harfleur, un village de survivants près des côtes occidentales, à plusieurs kilomètres de Paris.
C'est l’Évêque de Paris qui l'avait mandaté en personne pour une mission importante : l'inquisiteur devait enquêter sur une drôle de secte hérétique se faisant appeler les Nécromorphes.
Depuis plusieurs mois, de nombreuses légendes couraient à leur propos et étaient remontées jusqu'à Notre Dame.
Ils étaient menés par un homme surnommé le Nécromancien qui se prétendait le prophète d'une divinité venue des enfers. Il disait que Dieu était mort et que la Bête était proche de renaître.
Surtout, il était soupçonné de faire des incantations sur des cadavres, de violer les sépultures et de s'adonner à la nécrophilie.
Personne ne connaissait l'identité du Nécromancien. Mais une connaissance de l'inquisiteur prétendait avoir des informations sur lui et connaître le lieu de son antre.

Lorsque d'Albâtre senti l'air légèrement iodé, il sût qu'il approchait des côtes.
La Nouvelle-Harfleur était une ville d'environ 2000 habitants, principalement connue pour les ruines de sa grande roue en son centre qui était devenue son symbole.
Quant à l'horizon l'inquisiteur la vit, il rangea sa boussole et comprit qu'il était arrivé à bon port.
La cité était entourée d'une haute muraille de tôles et de carcasses de voitures. Un bus renforcé faisait office de porte principale, gardée par un mirador où se postaient plusieurs gardes en armes.
D'Albâtre s'approcha avant de se faire interpeller par l'un des gardiens.

« Oh là voyageur ! Que viens tu faire à la Nouvelle-Harfleur ?!
- Je cherche le gîte pour la nuit. Cela fait 3 jours que je marche et que je dors sous les étoiles. Dormir dans un lit est un rêve que je pensais inaccessible.
- Qui es tu ?
- Je suis cartographe. Je parcours les côtes pour dessiner le nouveau monde. J'ai de quoi payer ma nuit.
- Et tu as de quoi payer ton entrée ?
lui dit le garde avec un grand sourire.
- Combien ?
- C'est 10 francs.
- Ma bourse n'est pas sans fond. Je t'en donne 5 francs.
- Hum... okay. Ouvrez les portes ! »


Le bus s'ébranla et roula sur la gauche, laissant d'Albâtre pénétrer dans la cité.
Le garde était descendu de son mirador pour prélever son impôts, certainement illégal, mais que l'inquisiteur avait accepté de payer pour rester incognito. Si la présence d'un chevalier de l'Eglise venait à s'apprendre, les Nécromorphes risquaient de se cacher plus encore, voir de l'attaquer.
D'Albâtre mit pied à terre et attrapa la courroie de son cheval pour le diriger. Il donna 5 francs au garde tout souriant, puis, après avoir demandé son chemin, il se dirigea vers l'écurie pour y laisser Charbon-Ardent.

[-5 francs]


La Nouvelle-Harfleur était une ville typique de la Normandie post-apocalyptique.
Elle était composée de maisons de briques et de tôles, les rues étaient larges, boueuses et puantes, remplies d'immondices et d'eau usée.
Plusieurs cheminées crachaient une épaisse fumée noire et la ville grouillait de monde qui s'affairait à leur activités sans se préoccuper des autres.
La grande rue était occupées par des échoppes et des ateliers où l'on vendait toutes sortes de choses.
Un poissonnier avait installé son étal devant sa maison, un apothicaire ventait les mérites de ses onguents, un tanneur négociait la vente d'une cuirasse, plusieurs prostituées tentaient d'aguicher quelques passants.
Un endroit attira l'attention de l'inquisiteur, fermé par des rideaux de velours mauves. Un enfant criait devant.

« Venez voir les monstres de la Nouvelle-Harfleur ! La femme à barbe ! L'homme ours ! L'enfant à 8 bras ! Le chien à 3 yeux ! Et d'autres monstruosités toujours plus hideuses ! Pour seulement 2 francs ! Venez voir les monstres ! »


Cette ville puait l'hérésie.

Après avoir déambulé dans les rues, d'Albâtre trouva son lieu de rendez vous : la taverne du Chien Déprimé.
Il devait y retrouver Meph, un jeune homme un peu timbré que l'inquisiteur avait connu à Paris il y a quelques années lorsqu'il lui achetait du psycho et d'autres drogues.
Meph prétendait connaître celui qui se faisait appeler le Nécromancien car ce dernier était un smoggler appartenant au même clan.
Lorsque l'inquisiteur pénétra dans la taverne, il comprit pourquoi Meph avait insisté pour qu'ils s'y retrouvent.
Ce n'était pas une taverne comme les autres, mais plus une sorte de bar à putes.
La lumière tamisée des bougies donnait une atmosphère glauque renforcée par la chaleur étouffante et l'odeur d'alcool et de tabac. Plusieurs femmes dénudées dansaient sur les tables devant des poivrots déjà morts avant midi, leurs mouvements suivant le rythme d'une mélodie enivrante.
D'Albâtre baissa les yeux, il se sentit souillé par l'hérésie. Il n'osa pas faire une signe de croix, redoutant d'attirer l'attention dans un tel endroit, mais récita rapidement une prière à voix basse.
Il balaya des yeux la salle mais ne vit aucune trace de Meph. Il s'installa donc à une table et une femme ne tarda pas à s'approcher de lui.
Elle n'était habillée que de porte-jarretelles, de bottes de cuir lui remontant aux genoux et d'un bustier qui laissait apparaître sa poitrine. Elle était grasse et ridée, sa face recouverte d'une épaisse couche de maquillage et ses cheveux coiffés dans un chignon lui dégageant le front. Sa peau suintait et la chaleur intense du bar faisait ruisseler des goûtes de sueur le long de ses boursouflures graisseuses.

« Bonjour mon mignon, qu'est ce que tu vas prendre ? Tu peux me regarder tu sais ? »


D'Albâtre ne bougea pas. Sans regarder la serveuse immorale il répondit.

« Je vais juste prendre un verre de lait.
- Sérieusement ? Un verre de lait ?
- Vous n'en avez pas ?
- Ce n'est pas la boisson habituelle de nos clients mon chou, mais je peux te trouver ça.
- Merci. »

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Fiche de personnage : Meph
Messages : 12
Argent : 24
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: L'immoralité crépusculaire des falaises insouciantes. [Rp présent] Ven 17 Mar - 3:55
Dans ce domaine, il n'y a pas de tentative. Il n'y a que des échecs, ou plus rien, puisqu'on ne peut pas franchement parler de réussite non plus.

Meph était assis sur le rebord de la fenêtre - prisonnier dans l'embrasure - qu'il avait laissé entrouverte pour aérer la pièce, dont l'air puant était si humide que l'on avait à chaque inspiration l'impression de se noyer.
Il n'avait pas reboutonné sa chemise, il était en nage. Une noyade oui. Dans la flemme et la luxure, dans tous les excès possibles. Dans le dégoût de soi, des autres aussi bien sûr, toujours.
Meph était essoufflé, mais sorti quand-même une cigarette de son paquet et la porta à sa bouche. Il gratta une allumette, mais la flamme s'éteignit de suite. Difficile de faire brûler quoi que ce soit l'eau. Après quelques essais, il tira longuement et écouta le bout de sa clope crépiter en s'embrasant, laissant s'échapper une épaisse fumée qui eu du mal à monter, du mal à trouver sa place tant l'air était dense.
Dans un endroit comme ça, la fumée de cigarette, c'est de l'encens.

Aucun air ne passait par la fenêtre. Pareil partout sans doute. Pourtant, la région est réputée pour son vent.
Il regarda le paysage, triste, à travers les carreaux gris, mais là aussi, ce n'était peut-être pas la faute aux carreaux. C'était gris partout. Même pas le culot d'être vraiment noir.

Sans cesser de fumer, il se leva. Des courbatures le surprirent; combien de temps était-il resté assis contre la fenêtre?
Sans regarder le lit, détournant les yeux, il alla droit à la petite table, dans le coin opposé. Se servit un verre, gris aussi mais mieux vaut ne pas y penser.
Cul sec. Il a soif. Toute cette humidité et on a quand-même la bouche sèche. Un deuxième, rapide aussi. Puis un troisième, mais il ne porte cette fois pas tout de suite le verre à ses lèvres. Le troisième, c'est pour le courage. Et je peux le comprendre, il faut bien ça.

Il tire la chaise de sous la table, se retourne et s'assois à nouveau, mais en regardant la petite chambre cette fois.
C'est petit. Une petite porte qui donne sur un couloir étroit puis sur la salle bruyante du bar, une petite table, son plateau collant, la petite fenêtre où il était mal assis, des murs décrépits, papier-peint d'époque, qui se décollent en grand lais par endroits, motif à fleurs. De petites fleurs, oui.
Une pendule accrochée de travers, fait tic-tac. La petite aiguille permet de surveiller le temps qui nous reste.
Un bidet, que l'on a même pas pris la peine de cacher. On aurait pu mettre un paravent, mais à quoi bon, que reste-t-il a cacher une fois qu'on a fait sa petite affaire?
Il boit une gorgée. Le lit enfin. Bien la seule chose qui apparaisse comme trop pour la pièce. Trop long, trop large, trop encombrant, avec sa tête capitonnée de velours violet élimé et ses pieds en bois sculptés qui menacent les orteils à chaque fois qu'on se lève.
Il a sans doute été pillé dans l'une des belles maisons bourgeoises qui s'élevaient jadis en bordure de la ville. Ce lit, c'est peut être la chose la plus à plaindre dans la pièce.


Sur les draps - dont on va passer sur la couleur et éviter d'en décrire chaque petite tache - deux créatures. Deux putes lascives oui. Elle ne dorment pas non, c'est facturé au quart d'heure, le temps c'est de l'argent, l'horloge fait tic-tac.
Elles attendent, impassibles, déjà inexistantes, pour tout vêtement un morceau de tissu couvrant juste ce qu'il faut de leur anatomie pour ne pas se sentir gêner de les regarder, tout en attisant le désir: Oui, Meph leur a bandé les yeux.

- Si tu veux pas recommencer, il va falloir partir mon chou.

Sans un mot, il enfile son pantalon, boutonne deux boutons de sa chemise, ramasse son sac. Il est déjà en retard, il a un rendez-vous.

- J'imagine que ça vaut un non alors ? dit l'autre en soulevant le bandeau qui lui couvre les yeux.

Avant de partir en claquant la porte, il récupère son arme, restée sur le rebord de fenêtre.
Pas de tentative, que des échecs.

________________________________________________________________________________________


Meph était arrivé à la Nouvelle-Harfleur tôt la veille, avait réglé quelques affaires, pris une chambre ici pour la nuit. Il y était venu seul. Ce genre d'affaire se règle seul.
La route, bien que longue, s'était passée sans encombre. Il connaissait la Nouvelle-Harfleur, y était déjà venu plusieurs fois. Pour la drogue et les putes. C'est son lieu de villégiature.
Mais cette fois, c'est une autre histoire, dont l'issu l'intrigue et l'existe plus qu'elle ne lui fait peur. Et pourtant, il devrait avoir peur.

Il traverse en quelques pas le couloir étroit et arrive devant l'escalier surplombant la salle bruyante.
Il balaye la salle du regard, celui qu'il cherche ne devrait pas être dur à repérer dans un lieu pareil, même bondé.
Et il le repère en effet assez vite, facile, avec sa dégaine de mystique désabusé, son grand manteau et sa capuche qui couvre son front, le regard plongé dans un verre de lait, marmonnant surement des psaumes anciens...
Est-ce qu'il se croit discret? Sérieusement, un verre de lait?
Meph sourit. D'Albatre crierait surement, le traitant d’hérétique, et il le connaissait finalement assez peu, mais il était convaincu qu'au fond, ils étaient pareil.
Si on les déshabillait de leur culture, de leur humanité, de leur ego, on trouverai la même matière, impalpable et moite.

Il l'observa encore quelques instant. Avait-il bien fait de lui faire parvenir ce mot, de le faire venir ici?
Certes, il y avait bien les nécromorphes, mais c'était du menu fretin, il n'y a bien que l'église pour s'y intéresser, et c'est précisément ce qui la rend aussi malsaine que ces baiseurs de macchabées.
Meph les connaissait, oui, la secte s'était composée au début autours de plusieurs smogglers et de leur interprétation farfelue de textes et de traditions anciennes.
Mais avait-il bien fait de s'impliquer là-dedans?

Pas de tentatives, que des échecs. pensa-t-il encore. Cette fois, ça ne dépendra pas de lui, et l'issu sera ce qu'elle sera.

Il descend les marches d'un pas assuré, sautillant, commande au passage un verre et s'approche de la table de celui qui sera son camarade, peut-être jusqu'à la fin.
Il s'assoit en face.

- Désolé pour l'attente, l'ami.
Je t'avais dis de rester discret, c'est ton mieux? Heureusement que je nous ai donné rendez-vous ici, tu passeras juste pour un pervers  excentrique de plus... D'ailleurs, tu devrais fourrer ta queue dans un truc vivant, même un truc à 2 francs, juste pour assurer notre couverture. Si on nous voit repartir ensemble comme ça, c'est moi qui vais passer pour ta pute!

Meph le tutoyais toujours, par provocation.
Il était redevenu lui-même.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Fiche de personnage : d'Albâtre
Messages : 16
Argent : 72
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: L'immoralité crépusculaire des falaises insouciantes. [Rp présent] Mer 12 Avr - 23:11
D'Albâtre attendit plusieurs minutes que son contact daigne venir à lui.
Il resta un long moment les yeux baissés vers son verre de lait pour éviter de croiser le regard d'une prostituée sans vertu.
Il était mal à l'aise dans cet endroit où régnait la luxure et le vice, non pas qu'il y était étranger, au contraire. L'odeur de sexe qui régnait ici le replongeait dans ces souffrances, lorsqu'il avait failli à son devoir deux ans auparavant, succombant à la beauté d'une jeune paysanne qu'il ne sût repousser, bafouant ses vœux monastiques.
Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait. Les femmes, comme à chaque hommes, étaient l'une de ses faiblesses.

Sans relever les yeux, il sentit un homme s'asseoir en face de lui. Il reconnu de suite l'accent typique des tributs smogglers.
Meph n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, dans les bas fond du Terminus. Il avait toujours ses cheveux en batailles, ses joues creuses et ses yeux jaunit par la drogue. Surtout, il avait toujours la même gouaille.

« Bonjour Meph. Je vois que tu n'as pas changé. »

D'Albâtre connaissait Meph depuis maintenant plusieurs années, et malgré leurs évidentes différences il avait de l'affection pour le jeune homme et gardait espoir de le voir un jour venir vers Dieu pour être sauvé de ses maux.

« Tu devrais m'accompagner d'un verre de lait toi aussi, si tu continus comme tu fais le Diable se fera une joie de te dévorer. »

L'inquisiteur esquissa un sourire du coin de sa lèvre. Lui aussi savait provoquer.

« Venons en au fait, tu sais pourquoi je suis là. Tu es sûr que l'endroit est sans risque ? On peut parler librement ? »

Autour d'eux, il n'y avait que des prostituées et des soûlards, même s'ils avaient l'air suspect au milieu de cette foule lascive personne n'allait s'en préoccuper.

« Tu dis connaître le Nécromancien, j'aimerai en savoir plus sur lui.
L’Église m’envoie enquêter sur lui et sa secte. Je dois découvrir où il se terre.
 »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: L'immoralité crépusculaire des falaises insouciantes. [Rp présent]
Revenir en haut Aller en bas
L'immoralité crépusculaire des falaises insouciantes. [Rp présent]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Kat-Vagnar
» D&D 4.0 - Soirée test et formation du groupe
» La Campagne du Norfendre - Hänsfelt Dorn
» [1000 pts] Ost Crépusculaire.
» Eliandel

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Requiem ::   :: Terres Désolées-