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Fiche de personnage : Léthias Osniaril
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MessageSujet: Quand revient l'heure de l'Ombre... Mar 21 Fév - 18:16
Paris. Quelque part sur la Seine.

La barge rouillée avançait lentement sur les eaux calmes et opaques de la Seine, laissant elle derrière un léger sillage. A l’avant accoudée au bastingage, une silhouette observait les berges, attendant patiemment d’arriver à destination. L’homme était vêtu d’une large cape marron gris à capuche, vêtement délavé et usé par les années dans les Terres Désolées qui ne permettait en rien de deviner son rang de commandeur de l’Ordre Hospitalier. Dans son dos, à moitié recouverte par la capuche qui tombait sur ses épaules se trouvait une arbalète, arme silencieuse et mortelle qui faisait le bonheur de cette homme qui passait sa vie dans la discrétion. Ce dernier leva les yeux, pour observer le ciel bleu parsemé de nuages. Sur terre, le vent soulevait des nuages de poussières, qui passaient au-dessus de la barge en tourbillonnant. Au loin devant la barge, le fleuve se scindait en deux, coupé par l’île Saint-Louis. Et derrière les bâtiments de quelques étages de la petite enclave, on pouvait distinguer l’imposante structure de la cathédrale Notre-Dame. Le bateau avança pendant encore quelques minutes, avant que l’homme ne se dirige vers le poste de pilotage de l’embarcation à fond plat. Le barreur passa sa tête à travers la fenêtre, pour discuter avec son passager.

« -L’embarcadère, là ? Ça vous va ?
-Parfait. Ne vous cassez pas la tête à vous amarrer. Si vous voulez, vous pouvez juste ralentir et passer à côté.
-Vous êtes sûr ? C’est un coup à finir à la flotte ça mon petit monsieur !
-Ça ira. Merci pour le trajet.
-Y’a pas de quoi ! »

Le pilote fit légèrement tourner la barre, et la barge se décala lentement vers les bords du fleuve. Les quais pavés se rapprochaient doucement, alors que le pilote faisait en sorte que le bateau longe les pierres taillées grises tout en ralentissant sa vitesse. Dirigé d’une main de maitre, le bateau se positionna à un peu plus d’un mètre du bord. Entre la coque et les murs de pierre, l’eau clapotait sur les parois et l’homme jeta un coup d’œil en contrebas. Puis il recula pour prendre quelques pas d’élan, avant de se lancer, de poser un pied sur le garde-corps et se propulser dans les airs. Une fraction de seconde plus tard, il atterrissait prestement sur la berge, et fit un signe de la main au batelier. L’instant d’après, le bateau s’éloigna de nouveau du quai alors que l’homme remontait les escaliers vers les rues de Paris quelques mètres au-dessus de lui. Il rabattit sa capuche sur sa tête et se dirigea tranquillement vers le pont du Change, pour rejoindre l’île Notre-Dame. En arrivant à l’intersection du pont et de l’artère principale remontant vers Terminus, la population augmenta brusquement. Avec la Commune, Notre-Dame et Terminus étaient les deux principales communautés des Terres Désolées, ce qui expliquait le nombre de personnes empruntant cet axe plus ou moins sécurisé. En effet, le prix relativement élevé des billets de train de la ligne B était dissuasif, et beaucoup préféraient marcher plus longtemps que de dépenser de précieux francs dans un moyen de transport. A l’entrée du pont, plusieurs Chevaliers en armure montaient la garde, non loin d’une petite casemate de tôles et de pierres. A côté de cette dernière, plusieurs points de passages avaient été établis, où les Chevaliers faisaient payer un droit de passage. L’homme encapuchonné ne perdit pas son temps, et se faufila à travers la foule, pour en ressortir près de l’abri des gardes. Ces derniers l’aperçurent, jetèrent un discret coup d’œil avant de hocher la tête d’un air entendu. L’Ombre leur répondit de la même manière, passa le poste de garde, avant de disparaitre à travers la foule des pèlerins et des voyageurs qui se rendaient sur le parvis de Notre-Dame. De l’autre côté du pont, il rentra dans le premier et imposant bâtiment sur sa gauche, le Bastion, fier fief de l’Ordre Hospitalier. Il enleva sa capuche face au garde en faction devant la porte principale, et monta les quelques marches face à lui.

« -Léthias ! Tu rentres d’exploration ?
-En effet, répondit l’intéressé en hochant la tête, je suis parti quelques jours à l’Est, vers les grands barrages du fleuve. Ou du moins ce qu’il en reste.
-Des choses intéressantes ?
-Pas trop. J’ai quand même récupéré deux trois trucs, je pense que je peux bidouiller mon arbalète avec. Quoi de neuf ici ?
-Rien de spécial. La grand-messe hier. »

Les deux Chevaliers discutèrent encore quelques instants, avant que celui fraichement débarqué sur l’île ne pénètre dans le bâtiment. Cet homme, c’était Léthias Osniaril, commandeur de l’Ordre Hospitalier. Un chevalier atypique, bien loin de l’image que l’on se faisait des colosses en armure protégeant d’habitude les lieux saints et les convois. Quand Léthias traversa l’atrium central, quelques jeunes recrues de l’Ordre s’entrainaient au maniement de l’épée, répétant méthodiquement les gestes du maitre d’armes devant eux. Il continua son chemin, monta à l’étage et pénétra dans l’un des ateliers du bâtiment. Il posa son matériel sur une table, avant d’ôter sa cape et d’aller la secouer à la fenêtre ; la poussière accumulée après plusieurs jours de marche dans les Terres Désolées vola autour de lui, et il agita sa main devant son visage pour la chasser avant de retourner à l’intérieur. Son attention se porta ensuite sur l’une des armoires collées au mur de la salle, et en récupéra un set d’outils dans une pochette de cuir qu’il déplia devant lui. Puis il s’assit, et commença à démonter pièce par pièce sa précieuse arbalète. La lunette de visée fut la première à être posée à côté de lui, avant qu’il ne libère les cordes qui passaient dans l’arc. Puis il démonta le mécanisme à verrou qui permettait de recharger l’arme, pour en retirer le ressort. L’arbalète recurve était une arme idéale : silencieuse de par l’absence de poudre, précise grâce à sa lunette et puissante grâce au mécanisme à verrou qu’il avait lui-même adapté. Sa cadence de tir ne valait pas celle d’un pistolet ou d’un fusil, mais pour l’usage qu’il en faisait, cela importait peu. Le Chevalier fouilla dans ses poches et en sortit un ressort, similaire à celui qu’il venait de démonter de son arme. Ses yeux passèrent rapidement de l’un à l’autre, avant qu’il ne se mette à les tester. Un simple poids au bout d’une ressort, de quoi mesurer l’allongement, trouver lequel était le plus raide n’était pas bien compliqué. Visiblement celui qu’il venait de dénicher allait apporter un peu plus de puissance à son arme, mais il décida malgré tout de garder l’ancien sous la main, histoire d’avoir quelques pièces de rechange. Malheureusement, le nouveau ressort était un peu trop long, et il dut en couper une partie pour qu’il rentre dans le logement prévu à cet effet ; le diamètre lui était par chance bon. Puis il remonta son arme, s’assura que le mécanisme fonctionnait de nouveau, et s’en alla la tester dans les jardins situés derrière le bâtiment. L’Ordre y avait aménagé des pas des tirs, afin que les Chevaliers puissent s’entrainer. Dehors encore, des recrues maniaient l’épée, vêtues de leur cotte de mailles. Léthias prit un carreau, arma son arbalète, avant de viser la cible devant lui et de tirer. Le projectile fila droit devant, transperça la plaque de bois avant de s’enfoncer profondément dans la terre derrière. Léthias était satisfait. Il retourna donc à l’intérieur du bâtiment, et monta au dernier étage où les Chevaliers disposaient de rangements pour leurs effets personnels. Il s’arrêta face à une armoire, dans laquelle était posée une cotte de maille, ainsi qu’une lourde épée à deux mains et un bouclier. C’était là tout son équipement de Chevalier, qu’il n’utilisait presque jamais, préférant de loin son arbalète, son glaive ainsi que sa tenue légère et souple. En bas de l’armoire se trouvait une petite malle comportant ses quelques effets personnels : il y glissa le ressort, avant de déposer son arbalète, son glaive et sa cape dans l’armoire. Il referma la porte et se rendit dans l’une des salles de repos : après quelques jours à dormir par terre sur des cailloux, un vrai matelas n’allait pas faire de mal. Il pénétra dans un dortoir, et s’allongea sur son lit. Il savait que bientôt il serait appelé à repartir, mais pour le moment un peu de repos ferait du bien.

L’Ombre était de retour.
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MessageSujet: Re: Quand revient l'heure de l'Ombre... Ven 24 Fév - 22:48
Le lendemain, Bastion de l’Ordre Hospitalier.

Un nouveau jour se levait sur les Terres Désolées, un jour qui s’annonçait chaud et sec. Le vent était inexistant, ce qui allait rendre la vie difficile à ceux qui voyageaient en plein cagnard dans l’après-midi ; il y avait d’ailleurs fort à parier que certains pèlerins qui faisaient le déplacement jusqu’à Notre-Dame finissent déshydratés, et l’Ordre allait avoir du travail pour les secourir. Mais pour le moment, les températures étaient clémentes et permettaient de se déplacer dehors sans trop de difficultés. Léthias s’était levé tôt, alors que le jour ne s’était pas encore levé. Il en avait profité pour passer du temps dans la bibliothèque du Bastion, où étaient stockés un grand nombre d’ouvrages relatifs aux technologies d’antan. Ces livres avaient au fil du temps été complétés par les Chevaliers qui revenaient successivement de mission avec de nouvelles connaissances, permettant à l’Ordre d’améliorer sa compréhension de ce que beaucoup considéraient comme des reliques de l’ancien temps. Alors que le soleil commençait à éclairer l’île, il fut arrêté dans sa lecture par un clerc. Un clerc que Léthias connaissait bien, car il s’agissait du secrétaire particulier de George Saint-Meugnin, le Grand-Maitre de l’Ordre.

« -Commandeur Osniaril, le Grand-Maitre désire vous voir. Il a une mission à vous confier et vous attends dans son bureau.
-Très bien. Dîtes lui que j’arrive, juste le temps de ranger ces livres. »

Léthias se leva, et referma avec précaution les précieux mais fragiles ouvrages. Pas question de les laisser trainer n’importe où, tous les livres non utilisés étaient rangés dans des boites de bois, à l’abri de l’humidité, de la poussière ou de la lumière qui pouvait abimer les pages. Il remit donc chaque livre à son emplacement, avant de se diriger vers les étages supérieurs du Bastion où se trouvait le bureau du Grand-Maitre. Il frappa doucement à la porte, attendit qu’on l’autorise à rentrer, et s’inclina respectueusement devant son supérieur. George Saint-Meugnin était la personne la plus puissante de l’Ordre, et aussi une des plus vieilles avec ses cinquante-ans passés. Mais cet âge faisait aussi sa force, puisque l’expérience qu’il possédait était bien supérieure à n’importe quel Chevalier en fonction.

« -Commandeur Osniaril ! J’attendais votre retour. Comment s’est passée votre dernière mission ?
-Grand-Maitre. Rien d’exceptionnel, je pense qu’il n’y a plus grand-chose à retirer des barrages à l’Est. Les anciennes usines électriques ont été pillées de fond en comble, il ne reste vraiment plus rien. Je n’ai rien trouvé non plus qui puisse permettre de reprendre le contrôle des vannes, tout était commandé électriquement. Et je n’ai pas trouvé d’accès aux actionneurs mécaniques.
-Tant pis, au moins maintenant nous en sommes sûrs. Commandeur, j’ai une nouvelle mission pour vous, venez voir par ici. »

Le Grand-Maitre quitta son large et somptueux bureau, pour rejoindre une large table recouverte d’une carte détaillée de Paris et de ses environs. De nombreuses pièces métalliques de différentes couleurs indiquaient la présence de commanderies ou des hommes de l’Ordre, tandis que les trajets des différents convois étaient indiqués par des fils de couleur.

« -Ce qui nous intéresse, continua Saint-Meugnin en désignant un point sur la carte, c’est cet endroit, en dehors de l’ancien Paris. A priori, il y aurait un abri dans les environs.
-A priori ?
-Nous n’en sommes pas sûr, l’information est récente, elle provient d’un clerc à la Commune. L’endroit était un immeuble résidentiel haut de gamme, et il se pourrait que ses habitants aient décidé de faire construire un abri pour se protéger.
-Les habitants ? Eux-mêmes ?
-En effet. Donc quelque chose d’assez petit. Le fait est qu’on ne sait pas s’il était prévu pour l’astéroïde ou pour autre chose. On a juste réussi à récupérer de possibles plans, mais il n’y a pas d’entrée d’affichée. Voici une copie de ce que nous avons, vous pouvez partir avec. »

Léthias prit le rouleau que lui tendait le Grand-Maitre et le déplia. Les moines copistes du Clergé étaient des experts pour retranscrire n’importe quel document, qu’il s’agisse d’texte ou d’un dessin, ce qui permettait d’avoir des copies de qualité pour les missions. On pouvait très bien y distinguer les bâtiments en surface, et des sortes de salles en profondeur. Mais comme l’avait précisé le Grand-Maitre, rien n’indiquait la présence d’une certaine entrée.

« -En fait, on n’est pas sûr que cet abri ait été construit ?
-Non, en effet. L’immeuble a été pillé dans le chaos qui a suivi l’impact, mais nous n’avons pas trouvé d’indices laissant à penser que l’abri a été découvert. Nous voulons donc nous assurer de son existence. Si jamais vous le trouvez mais ne parvenez pas à y rentrer, essayez de maintenir l’entrée cachée. Nous reviendrons mieux équipés.
-Qui d’autre possède cette information ?
-A priori personne, cela vaut mieux pour nous. Un clerc a trouvé ça par hasard au milieu d’un tas de papiers dans de vieux cartons poussiéreux à la Commune. Il a jugé bon de nous faire directement parvenir ce document.
-Très bien. Je vais me préparer pour me rendre sur place.
-Il y a une commanderie à environ deux heures de marche. Vous pouvez la rejoindre à cheval.
-Parfait. Je pars dans l'après-midi.
-Une dernière chose Commandeur, besoin de matériel spécifique pour cette mission ?
-Je ne pense pas. Je vais prendre quelques outils supplémentaires et on verra. »

Léthias et le Grand-Maitre discutèrent quelques instants le temps que le Chevalier mémorise le trajet, avant de prendre congé. Il alla chercher quelques outils, avant de repasser prendre ses affaires dans son casier. Léthias sortit du Bastion, capuche rabattue sur sa tête, et se dirigea vers les écuries. Plusieurs palefreniers étaient sur place, s’occupant des montures des Chevaliers quand ces derniers ne les utilisaient pas.

« -Commandeur Osniaril. Que puis-je faire pour vous ?
-Je pars en mission. Murmure est reposé ?
-Je pense bien. Vous partez combien de temps ?
-Pas longtemps. Un jour ou deux.
-Ça marche. Vous voulez des vivres ?
-Pourquoi pas.
-Allez-y, je vous apporte la selle. »

Léthias opina, et se dirigea vers un box qu’il connaissait bien et en chemin, il attrapa une pomme dans un des stocks de nourriture. Il s’arrêta devant le box en question où se trouvait un cheval à la robe parfaitement noire. Voyant l’homme s’arrêter devant lui, l’animal s’en approcha doucement et mordit dans la pomme que ce dernier lui tendait. Murmure était le cheval de Léthias, une bête endurante et agile, même si elle n’était pas capable de fulgurantes accélérations comme certains le pouvaient. Et il était noir, entièrement noir, sans la moindre trace d’une autre couleur. Quand ils voyageaient de nuit, le cheval et son cavalier étaient invisibles, silencieux. Bref, indétectables. Léthias caressa doucement le museau de son cheval, quand revint le palefrenier. Il poussait devant lui une brouette, avec dedans la selle et tout l’équipement pour le cavalier, ainsi que deux sacoches de vivres. Murmure les sentit rapidement, et essaya d’en ouvrir une du bout de son museau quand elles furent à sa portée. Mais le Chevalier était là pour veiller au grain.

« -Pas maintenant Murmure, pas maintenant… »

Aidé du palefrenier, Léthias équipa sa monture. Puis il s’assura que ses propres affaires étaient bien fixées et qu’elles ne risquaient pas de tomber durant le trajet. Arriva le moment de partir : l’Ombre enfourcha son cheval, et lui tapota doucement l’encolure. Murmure secoua la tête en hennissant, avant de sortir de l’écurie au pas. Juste à côté du bâtiment se trouvait un large enclos, où le sol était recouvert de terre et de paille et où plusieurs chevaux se baladaient librement. Dehors, le soleil était monté, et les températures commençaient à grimper. Rapidement, Léthias s’engagea sur le pont Saint-Michel, passa le poste de Garde, et prit la direction du Sud…

Suite : Terra Incognita (Lien)
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